Chers amis,
Tout d'abord, je vous salue! Nous ne nous voyons plus souvent car entre les parties de pêche, mes voyages et les modèles à coller, je n'ai plus grand temps pour m'impliquer dans nos vénérables institutions. J'ai été pour l'île, pendant longtemps, une force vive. J'ai bâti notre chapelle et notre cathédrale, deux joyaux architecturaux de notre île, pour lesquelles nous sommes reconnus. J'ai été l'entrepreneur, le moteur de bien des projets. Mais je vieillis et ma force se calme. J'ai eu aussi le sentiment que mes efforts n'étaient finalement pas orientés vers un objectif réellement constructif, profitable pour moi et la communauté. J'ai construit deux magnifiques bâtiments qui ne sont que malheureusement peu utilisés à cause de notre petit nombre et du peu de visiteur que nous avons. C'est bien frustrant. Nous avons une superbe réputation, mais cela nous rapporte peu. Je ne suis pas certain que ce soit le moment de poursuivre dans cette direction. C'est pour cela que j'ai pris ma retraite: afin que les énergies des acteurs de cette belle île soient déployées vers un objectif plus facilement mesurable pour tous. Je concède que TvW a fait un travail immense dans la réorganisation des finances de l'île et dans la conduite des projets. Je voudrais par contre attirer son attention sur quelques points: elle devrait faire attention à la santé et à la fatigue des habitants, à veiller à déployer les énergies de tous vers des projets enrichissants et constructifs et à ne pas se mettre au service de l'or et de l'argent. Je la sais très habile et intelligente et je ne crains donc pas qu'elle y veillera.
Je vous Bénis,
Jean Courtemanche
mercredi 17 décembre 2008
Journ'île: Assemblée du conseil
Madame, monsieur,
Il me fait plaisir de vous convoquer à l'assemblée annuelle plénière de notre île. Je suis à l'heure des bilans suite à ma première année en tant que présidente du conseil.
Seront à l'ordre du jour: Brisbane II, suite; investissements futurs; rapport des différents ministères; élection du prochain conseil et de la présidence.
Je demanderais à tous les membres de notre conseil d'entamer une réflexion personnelle sur l'évolution de leur dossier et de leurs relations pour faire de bon choix et de dresser un ordre de priorité.
Un fastueux banquet sera servi pour clore l'année.
TvW
Il me fait plaisir de vous convoquer à l'assemblée annuelle plénière de notre île. Je suis à l'heure des bilans suite à ma première année en tant que présidente du conseil.
Seront à l'ordre du jour: Brisbane II, suite; investissements futurs; rapport des différents ministères; élection du prochain conseil et de la présidence.
Je demanderais à tous les membres de notre conseil d'entamer une réflexion personnelle sur l'évolution de leur dossier et de leurs relations pour faire de bon choix et de dresser un ordre de priorité.
Un fastueux banquet sera servi pour clore l'année.
TvW
Anselme veut savoir
J'étais assis sur le bord de la cathédrale, fumant un calumet. Anselme s'est planté devant moi et lança à mes pieds un volatile mort.
A: Tiens, j'ai chassé cette poule pour toi!
Je regardai tristement la bête. C'était un magnifique faisan plein de panache avec une hampe de plus comme mille feux.
M: c'est un faisan, Anselme.
Il sembla alors interloqué, ne sachant pas trop ce que c'était. Il joua un peu avec la terre du bout de son pied et je l'invitai à s'asseoir auprès de moi. Il s'assit visiblement tendu de notre rencontre.
A: Tu as quelque chose à me dire, je le sais. Je te vois me regarder de biais depuis plusieurs jours.
M: En effet.
A: Quoi?
M: Je me mis à sangloter. Je voulais te dire que je m'excuse, que je suis faible, que je me suis trompé, que je t'ai fait du tort. Je croyais que tu étais un ogre qui mangeait les petits enfants, qui les auraient écrasés et détruits, mais c'était tout faux.
A: Pourquoi aurais-je fait cela?
M: Je ne sais pas, je le supposais. C'est ce que je voyais.
A: C'est ridicule! Tu es un pauvre con! Tu ne t'es pas occupé de moi sur de fausses assomptions, craignant que quelque chose arrive! C'est ridicule!
M: Je sais. Je dois te mettre par contre en garde: je vois que tu te dépasses, que tu deviens quelqu'un, que tu repousses tes limites, mais je sais que tu fais cela pour attirer mon attention, pour me prouver que j'avais tort, pour te montrer extraordinaire, digne de mon attention. Mais c'est une erreur ou à tout le moins une mauvaise motivation: tu aurais seulement pu être ordinaire, ou à tout le moins, seulement toi-même pour que je te supporte, c'est moi qui étais en faute et non pas toi! Je dois te prévenir que c'est une voie sans issue que celle-là. Je m'y suis essayé longuement, sans résultat. Je crois que je me fatigue énormément à prouver au monde que je suis extraordinaire. C'est un esclavage et souvent ça me rend triste. Il est vrai que j'ai acquis beaucoup de compétences, de vertus et d'expériences ainsi, mais ma jouissance et les résultats sont limités.
Je t'en conjure...fais-le pour toi. Essayer d'être plus parce que l'on est pas assez pour quelqu'un, c'est vain.
Il me regarda, soufflé. Aspira dans le calumet, s'étouffa et partit.
A: Tiens, j'ai chassé cette poule pour toi!
Je regardai tristement la bête. C'était un magnifique faisan plein de panache avec une hampe de plus comme mille feux.
M: c'est un faisan, Anselme.
Il sembla alors interloqué, ne sachant pas trop ce que c'était. Il joua un peu avec la terre du bout de son pied et je l'invitai à s'asseoir auprès de moi. Il s'assit visiblement tendu de notre rencontre.
A: Tu as quelque chose à me dire, je le sais. Je te vois me regarder de biais depuis plusieurs jours.
M: En effet.
A: Quoi?
M: Je me mis à sangloter. Je voulais te dire que je m'excuse, que je suis faible, que je me suis trompé, que je t'ai fait du tort. Je croyais que tu étais un ogre qui mangeait les petits enfants, qui les auraient écrasés et détruits, mais c'était tout faux.
A: Pourquoi aurais-je fait cela?
M: Je ne sais pas, je le supposais. C'est ce que je voyais.
A: C'est ridicule! Tu es un pauvre con! Tu ne t'es pas occupé de moi sur de fausses assomptions, craignant que quelque chose arrive! C'est ridicule!
M: Je sais. Je dois te mettre par contre en garde: je vois que tu te dépasses, que tu deviens quelqu'un, que tu repousses tes limites, mais je sais que tu fais cela pour attirer mon attention, pour me prouver que j'avais tort, pour te montrer extraordinaire, digne de mon attention. Mais c'est une erreur ou à tout le moins une mauvaise motivation: tu aurais seulement pu être ordinaire, ou à tout le moins, seulement toi-même pour que je te supporte, c'est moi qui étais en faute et non pas toi! Je dois te prévenir que c'est une voie sans issue que celle-là. Je m'y suis essayé longuement, sans résultat. Je crois que je me fatigue énormément à prouver au monde que je suis extraordinaire. C'est un esclavage et souvent ça me rend triste. Il est vrai que j'ai acquis beaucoup de compétences, de vertus et d'expériences ainsi, mais ma jouissance et les résultats sont limités.
Je t'en conjure...fais-le pour toi. Essayer d'être plus parce que l'on est pas assez pour quelqu'un, c'est vain.
Il me regarda, soufflé. Aspira dans le calumet, s'étouffa et partit.
vendredi 12 décembre 2008
Anselme fâché
Quand il me voit, il me fuit, le regard mauvais. Il continue à être un héros: se dépasse partout, fait de la musique, chante des airs de bravoure, du Wagner, du Bellini, du Strauss. Il est bon dans tout, se dépasse, est beau et s'organise pour que je voie ses succès de loin.
Mais il est furieux, parce que je n'avais pas su déceler plus tôt tous ces talents, qu'il me dégoûtait, que j'avais peur de lui, le croyait une menace à ma personne et aux autres. Ce que j'avais imaginé de lui est tout autre que ce que j'avais cru. Je m'étais trompé, complètement. Et il a voulu me le prouver. Me montrer que mes assomptions étaient fausses, que j'avais tort.
Moi, je me sens misérable de ne pas avoir aimé mon fils. Mais est-ce mon fils? Pas vraiment. C'est mon fils adoptif. J'en ai la garde et j'en suis le tuteur. Ainsi, je me sens moins misérable, mais encore là, j'ai failli à ma tâche.
Tristement, je sens qu'il n'y a pas d'espace pour le pardon de sa part. Les jeux sont faits, il s'est durci. Je viendrais pleurer à ses pieds en m'étendant en excuse, que ça ne donnerait rien. Ou peut-être dans une petite case de son âme, se sentirait-il soulagé de voir que moi son père, je suis un faible, un lâche, une merde, un humain à l'âme molle?
Je n'en sais rien.
Mais il est furieux, parce que je n'avais pas su déceler plus tôt tous ces talents, qu'il me dégoûtait, que j'avais peur de lui, le croyait une menace à ma personne et aux autres. Ce que j'avais imaginé de lui est tout autre que ce que j'avais cru. Je m'étais trompé, complètement. Et il a voulu me le prouver. Me montrer que mes assomptions étaient fausses, que j'avais tort.
Moi, je me sens misérable de ne pas avoir aimé mon fils. Mais est-ce mon fils? Pas vraiment. C'est mon fils adoptif. J'en ai la garde et j'en suis le tuteur. Ainsi, je me sens moins misérable, mais encore là, j'ai failli à ma tâche.
Tristement, je sens qu'il n'y a pas d'espace pour le pardon de sa part. Les jeux sont faits, il s'est durci. Je viendrais pleurer à ses pieds en m'étendant en excuse, que ça ne donnerait rien. Ou peut-être dans une petite case de son âme, se sentirait-il soulagé de voir que moi son père, je suis un faible, un lâche, une merde, un humain à l'âme molle?
Je n'en sais rien.
vendredi 21 novembre 2008
Anselme-La suite
Anselme fait des exercices physiques chaque matin qu'il a appris de Gontran. Il est devenu très massif et a perdu presque toute la graisse qui le recouvrait. Il a aussi une assurance incroyable. Il ne me parle presque plus: il fait des choses. Il est très musclé, a un regard d'acier. C'est une transformation complète. Il s'exerce.
Il fait aussi des vocalises en se regardant dans le miroir. En fait...il ne veut plus trop de mon attention parce qu'il peut se prolonger dans le regard d'autres personnes, apprendre autres choses. Il veut seulement que je suive de loin ses exploits et que je me réjouisse de ses progrès. Mais il ne le fait pas pour moi. Il est en expansion.
Voilà!
Il fait aussi des vocalises en se regardant dans le miroir. En fait...il ne veut plus trop de mon attention parce qu'il peut se prolonger dans le regard d'autres personnes, apprendre autres choses. Il veut seulement que je suive de loin ses exploits et que je me réjouisse de ses progrès. Mais il ne le fait pas pour moi. Il est en expansion.
Voilà!
lundi 3 novembre 2008
Brisbane II Gold
Toujours à l'ancre dans la mer des Caraïbes le Brisbane II a maintenant un pont en or. C'est plutôt glissant et de mauvais goût, mais le propriétaire (un riche armateur grec) a décidé de sauver de l'impôt en dotant le Brisbane d'un pont en or. Il se passe très peu de choses. Le soleil, les vaguelettes, les poissons, les BBQ, les orgies; l'habituel, quoi.
Des fois, je me demande si c'est bien intéressant tout cela. Je pense à ces moments où je pêchais des joyaux dans la mer agitée et que je remplissais mes coffres de pierreries insensées. Mais j'ai été si fatigué et j'ai eu si peur dans la mer en furie avec ma coquille de noix, craignant d'être englouti par les flots furieux et d'y perdre ma vie et mon bateau.
Oui, je suis calme dans la mer des caraïbes et il y a si peu de choses à faire. C'est relaxant. Mais je sais que je ne resterai pas là, éternellement. Telle n'est pas ma nature. Je me prépare quelques expéditions rien de trop fou. Mais j'ai des plans...aller à la découverte, partir à l'aventure.
En attendant, frottons le pont doré du Brisbane II et sourions.
Des fois, je me demande si c'est bien intéressant tout cela. Je pense à ces moments où je pêchais des joyaux dans la mer agitée et que je remplissais mes coffres de pierreries insensées. Mais j'ai été si fatigué et j'ai eu si peur dans la mer en furie avec ma coquille de noix, craignant d'être englouti par les flots furieux et d'y perdre ma vie et mon bateau.
Oui, je suis calme dans la mer des caraïbes et il y a si peu de choses à faire. C'est relaxant. Mais je sais que je ne resterai pas là, éternellement. Telle n'est pas ma nature. Je me prépare quelques expéditions rien de trop fou. Mais j'ai des plans...aller à la découverte, partir à l'aventure.
En attendant, frottons le pont doré du Brisbane II et sourions.
Anselme rencontre
Il se promène avec son panier de victuailles et gambade sur l'île arrêtant les passants.
Satan continue à avoir peur de lui. Terese lui a donné un oeillet et lui a demandé gentiment de sortir de son bureau. Gontran a essayé de lui montrer de tirer à l'arc, mais il a eu peur et s'est esquivé en souriant. Brahma lui a montré à respirer pour être plus calme, Muhammad l'a amené au bord de la mer pour discuter du paysage et de l'air marin.
Autrement, c'est Adrianna Gourd qui l'a pris sous son aile. Elle lui donne des cours de chant. Elle sait qu'il est ténor et elle pressent une grande voix. Grande sensibilité, grande puissance, mais pas encore prêt. Il chante soprano et a une magnifique voix. Mais un jour ça prendra des couilles. Elle l'y amènera.
Satan continue à avoir peur de lui. Terese lui a donné un oeillet et lui a demandé gentiment de sortir de son bureau. Gontran a essayé de lui montrer de tirer à l'arc, mais il a eu peur et s'est esquivé en souriant. Brahma lui a montré à respirer pour être plus calme, Muhammad l'a amené au bord de la mer pour discuter du paysage et de l'air marin.
Autrement, c'est Adrianna Gourd qui l'a pris sous son aile. Elle lui donne des cours de chant. Elle sait qu'il est ténor et elle pressent une grande voix. Grande sensibilité, grande puissance, mais pas encore prêt. Il chante soprano et a une magnifique voix. Mais un jour ça prendra des couilles. Elle l'y amènera.
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