Voilà que je me rends compte que quelque chose cloche.
Cette île est sortie de l'océan dans ce qui fut la plus terrible misère de mon existence, une misère de l'intérieur qui allait m'aspirer en moi et me dévorer. Une misère que l'on ne veut plus jamais voir et dont on célèbre chaque matin l'éloignement; une misère qui laisse place à la joie, l'ennui, les projets, le désir, les choses à faire. En relisant cette histoire, je me rends compte qu'il y manque un long bout, comme si d'une grenouille, on ne voyait que la moitié du tronc, la tête et les pattes d'en avant.
Maintenant, voyons son cul.
C'était l'histoire d'un employé de pelle mécanique qui, à chaque fois qu'il construisait un mur et qu'il arrivait à quelque chose de beau et de solide, s'assoyait à sa pelle et avec un bélier le détruisait pour voir s'il était réellement solide. Malheureusement, le mur, c'était moi et l'employé aussi. Un matin, je me suis levé et je me suis dit qu'il faisait ça en grande partie parce qu'il ne savait pas faire autrement. Je lui ai donné un pinceau et lorsque son mur eut fière allure et qu'il s'apprêtait à aller le détruire pour vérifier sa solidité, je l'invitait à le peindre, ce qu'il fit. Il passa toute la journée à peindre le mur et une fois la besogne terminée. Il s'éloigna et trouva son ouvrage beau, il fut ému et il n'eut plus envie de le détruire. C'est ainsi qu'il fit plusieurs murs. Je décidai alors de lui donner une île où il pourrait construire les bâtiments qui lui permettrait de se développer.
Sa première construction fut une chapelle de bois de couleur rose avec une flèche torsadée jaune et argent. Elle fut si vite et bien faite que sa réputation grandit. C'était le seul bâtiment de l'île. Je ne sais pas très bien pourquoi ce fut une chapelle qu'il construisit (plutôt qu'un bar ou un casino), mais je crois que c'est important. Et j'aimerais comprendre.
Plus tard, il décida de construire une cathédrale. Un projet très ambitieux qui prit plusieurs années. Cet homme qui détruisait les murs qu'il construisait se nomme Jean Courtemanche. C'est le fondateur de l'île.
C'est lui, et cette île, qui me sortit de la pénombre. Un lieu imaginaire, où je vis.
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mardi 13 juillet 2010
dimanche 3 janvier 2010
Bilan du C.A.-2009
Dans la grande salle des glaces -nouvellement inaugurée-, les rires et bruissements se faisaient ouïr parfois en fracas, en tintement, en explosion et parfois doucement. Tous avaient leur verre de Veuve coquelicot et un sourire accroché à leur lèvres. TvW passait de convive en convive récoltant félicitations et remerciements. Avec elle, une cascade de velours moiré et d'organdi perlé se propageait.
Après avoir salué tout le monde et offert des bons mots à tous, TvW se plaça à son siège derrière la table qui ceignait 3 murs de la riche pièce. Elle tinta délicatement sur son verre, et de cette coupe ciselée retentit, chatoyant, un vif argent sonore qui se logea dans l'oreille de chaque convive pour leur imposer un silence attentif.
TvW: Chers amis, dit-elle en regardant à la ronde. C'est avec un plaisir manifeste que nous nous réunissons à cette table, nous de l'île et nos plus chers invités, pour clore cette magnifique année.
Prenez place, je ferai une courte allocution!
Je voudrais tout d'abord remercier tous les habitants de l'Île pour leurs magnifiques talents et leur sens de l'Initiative. Je crois que nous formons un magnifique pays. Je voudrais aussi les remercier de leur confiance. Je crois ne pas vous avoir déçu (les convives se regardent en souriant et en hochant la tête)!
Suite à la demande des îliens de poursuivre mon engagement comme Présidente du C.A., je tiens à répondre un oui enthousiaste à cette invitation qui me passionne!
Je crois que nous devons continuer dans la même veine: augmenter notre territoire et nos infrastructures et multiplier nos contacts avec l'extérieur. Viser à attirer plus d'investissements et entreprendre des actions innovatrices et ambitieuses.
Il est important de cultiver la qualité de nos réalisations, de devenir encore meilleur dans ce que nous faisons. Je souhaite mettre de l'avant les réalisations de Satan Brossard qui commence à publier ses oeuvres (Satan dans un superbe costume, lui lève son verre et lui fait un clin d'oeil), celles de Adriana Gourd, artiste internationalement reconnue. Je souhaite aussi à remercier l'expérience de notre Jean Courtemanche, Sénateur émérite et l'apport de sagesse inestimable de Brahma Ménard qui maintient nos institutions dans le droit chemin.
Un mot aussi pour souligner la création du cercle des boulangères, composé par Princesse Amour, Reine Amertume et leur soeur Béatrice, la boulangère. Elles ont animé leur vie sociale et la nôtre. Magnifique.
Un dernier remerciement à Jésus, au Brisbane II, à mon chat Mofa, à Mohammed Douth, en retraite d'étude en ce moment, à Gontran et bien sûr à Anselme, toujours à l'étranger.
C'est le moment de fêter, car demain, ce sont de nouvelles entreprises passionnantes qui nous attendent!
Merci et Bonne année!
Mille hourras scandèrent et des serveurs entrèrent avec les mets les plus fins en quantité extravagante.
Après avoir salué tout le monde et offert des bons mots à tous, TvW se plaça à son siège derrière la table qui ceignait 3 murs de la riche pièce. Elle tinta délicatement sur son verre, et de cette coupe ciselée retentit, chatoyant, un vif argent sonore qui se logea dans l'oreille de chaque convive pour leur imposer un silence attentif.
TvW: Chers amis, dit-elle en regardant à la ronde. C'est avec un plaisir manifeste que nous nous réunissons à cette table, nous de l'île et nos plus chers invités, pour clore cette magnifique année.
Prenez place, je ferai une courte allocution!
Je voudrais tout d'abord remercier tous les habitants de l'Île pour leurs magnifiques talents et leur sens de l'Initiative. Je crois que nous formons un magnifique pays. Je voudrais aussi les remercier de leur confiance. Je crois ne pas vous avoir déçu (les convives se regardent en souriant et en hochant la tête)!
Suite à la demande des îliens de poursuivre mon engagement comme Présidente du C.A., je tiens à répondre un oui enthousiaste à cette invitation qui me passionne!
Je crois que nous devons continuer dans la même veine: augmenter notre territoire et nos infrastructures et multiplier nos contacts avec l'extérieur. Viser à attirer plus d'investissements et entreprendre des actions innovatrices et ambitieuses.
Il est important de cultiver la qualité de nos réalisations, de devenir encore meilleur dans ce que nous faisons. Je souhaite mettre de l'avant les réalisations de Satan Brossard qui commence à publier ses oeuvres (Satan dans un superbe costume, lui lève son verre et lui fait un clin d'oeil), celles de Adriana Gourd, artiste internationalement reconnue. Je souhaite aussi à remercier l'expérience de notre Jean Courtemanche, Sénateur émérite et l'apport de sagesse inestimable de Brahma Ménard qui maintient nos institutions dans le droit chemin.
Un mot aussi pour souligner la création du cercle des boulangères, composé par Princesse Amour, Reine Amertume et leur soeur Béatrice, la boulangère. Elles ont animé leur vie sociale et la nôtre. Magnifique.
Un dernier remerciement à Jésus, au Brisbane II, à mon chat Mofa, à Mohammed Douth, en retraite d'étude en ce moment, à Gontran et bien sûr à Anselme, toujours à l'étranger.
C'est le moment de fêter, car demain, ce sont de nouvelles entreprises passionnantes qui nous attendent!
Merci et Bonne année!
Mille hourras scandèrent et des serveurs entrèrent avec les mets les plus fins en quantité extravagante.
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mercredi 17 décembre 2008
Déclaration annuelle des membres du conseil: Jean Courtemanche
Chers amis,
Tout d'abord, je vous salue! Nous ne nous voyons plus souvent car entre les parties de pêche, mes voyages et les modèles à coller, je n'ai plus grand temps pour m'impliquer dans nos vénérables institutions. J'ai été pour l'île, pendant longtemps, une force vive. J'ai bâti notre chapelle et notre cathédrale, deux joyaux architecturaux de notre île, pour lesquelles nous sommes reconnus. J'ai été l'entrepreneur, le moteur de bien des projets. Mais je vieillis et ma force se calme. J'ai eu aussi le sentiment que mes efforts n'étaient finalement pas orientés vers un objectif réellement constructif, profitable pour moi et la communauté. J'ai construit deux magnifiques bâtiments qui ne sont que malheureusement peu utilisés à cause de notre petit nombre et du peu de visiteur que nous avons. C'est bien frustrant. Nous avons une superbe réputation, mais cela nous rapporte peu. Je ne suis pas certain que ce soit le moment de poursuivre dans cette direction. C'est pour cela que j'ai pris ma retraite: afin que les énergies des acteurs de cette belle île soient déployées vers un objectif plus facilement mesurable pour tous. Je concède que TvW a fait un travail immense dans la réorganisation des finances de l'île et dans la conduite des projets. Je voudrais par contre attirer son attention sur quelques points: elle devrait faire attention à la santé et à la fatigue des habitants, à veiller à déployer les énergies de tous vers des projets enrichissants et constructifs et à ne pas se mettre au service de l'or et de l'argent. Je la sais très habile et intelligente et je ne crains donc pas qu'elle y veillera.
Je vous Bénis,
Jean Courtemanche
Tout d'abord, je vous salue! Nous ne nous voyons plus souvent car entre les parties de pêche, mes voyages et les modèles à coller, je n'ai plus grand temps pour m'impliquer dans nos vénérables institutions. J'ai été pour l'île, pendant longtemps, une force vive. J'ai bâti notre chapelle et notre cathédrale, deux joyaux architecturaux de notre île, pour lesquelles nous sommes reconnus. J'ai été l'entrepreneur, le moteur de bien des projets. Mais je vieillis et ma force se calme. J'ai eu aussi le sentiment que mes efforts n'étaient finalement pas orientés vers un objectif réellement constructif, profitable pour moi et la communauté. J'ai construit deux magnifiques bâtiments qui ne sont que malheureusement peu utilisés à cause de notre petit nombre et du peu de visiteur que nous avons. C'est bien frustrant. Nous avons une superbe réputation, mais cela nous rapporte peu. Je ne suis pas certain que ce soit le moment de poursuivre dans cette direction. C'est pour cela que j'ai pris ma retraite: afin que les énergies des acteurs de cette belle île soient déployées vers un objectif plus facilement mesurable pour tous. Je concède que TvW a fait un travail immense dans la réorganisation des finances de l'île et dans la conduite des projets. Je voudrais par contre attirer son attention sur quelques points: elle devrait faire attention à la santé et à la fatigue des habitants, à veiller à déployer les énergies de tous vers des projets enrichissants et constructifs et à ne pas se mettre au service de l'or et de l'argent. Je la sais très habile et intelligente et je ne crains donc pas qu'elle y veillera.
Je vous Bénis,
Jean Courtemanche
jeudi 9 octobre 2008
Polaroid
Satan court après plein de poulets. Il s'amuse ferme. Pas de pièce de théâtre pour l'instant, des rêves, des idées et des poulets.
Terese a rencontré les journalistes. Elle s'est fait faire une photo dans son bureau, souriante et affairée. Un peu femme d'affaire des années 50, dans son empire. Elle Projette des profits records.
Jean Courtemanche: revient de la pêche.
Anselme devient propre et se pratique à faire des boucles.
Adrianna arrive a une maturité qu'elle ne croyait pas possible. Son art lui apparait avec clarté et puissance.
Princesse Amour regarde l'océan. Elle s'est durcie. Elle regarde à l'arrière et sur la table sa couronne de Reine git.
Louis-Michel danse dans l'espace et réalise le rêve fou de Saint-Denys Garneau.
20 degré celsius. Brise marine. Soleil.
Terese a rencontré les journalistes. Elle s'est fait faire une photo dans son bureau, souriante et affairée. Un peu femme d'affaire des années 50, dans son empire. Elle Projette des profits records.
Jean Courtemanche: revient de la pêche.
Anselme devient propre et se pratique à faire des boucles.
Adrianna arrive a une maturité qu'elle ne croyait pas possible. Son art lui apparait avec clarté et puissance.
Princesse Amour regarde l'océan. Elle s'est durcie. Elle regarde à l'arrière et sur la table sa couronne de Reine git.
Louis-Michel danse dans l'espace et réalise le rêve fou de Saint-Denys Garneau.
20 degré celsius. Brise marine. Soleil.
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jeudi 17 avril 2008
Un polaroid
Satan se promène sur l'île. Il regarde ce qui l'entoure, fait peur aux oiseaux, salue les passants, regarde les détails dans la Chapelle. Des fois, il prend des poses et joue un personnage. Il se raconte des histoires et les habite. Il aimerait bien voyager et visiter de nouveaux lieux. Il met des fois son débardeur bleu pour se pratiquer à parler, il l'ajuste dans un miroir et regarde quel air ça lui fait. Je ne sais pas s'il s'ennuie, mais il cherche quelque chose à faire. Satan est beaucoup plus heureux depuis quelques années, il s'émancipe et prend de l'aise. Étonnement, les gens l'aiment beaucoup, parce qu'il est entier et drôle.
La princesse a un peu engraissé et s'ennuie officiellement. Elle n'a pas trouvé le souverain de son coeur, quelqu'un avec qui faire des enfants, quelqu'un à aimer, une voie dans laquelle s'inscrire. Elle se demande si Gontran le chevalier pourrait être sa moitié, mais rien ne surgit.
Terese s'occupe des comptes et ne se soucit pas trop. Elle attend le moment propice pour capitaliser et investir, mais aucun investisseur ne s'est encore présenté. Elle est patiente et attentive.
Jean courtemanche se donne pleinement aux modèles miniatures, sous l'oeil bienveillant et indifférent de son épouse Réjeanne.
Louis-Michel se lime les ongles et écrit sa biographie. Il s'est acheté un ensemble Prada en lin et le regarde plusieurs fois par jour.
Adrianna Gourd a des gaz. Elle n'est pas trop en forme ces derniers temps et prend des médicaments naturels, surnaturels et pharmaceutiques.
Brahma Ménard médite et doute des ses convictions: l'ordinaire, quoi.
Et moi? Moi, je me questionne et je me demande quelle direction prendre. J'arrive à trouver les questions intéressantes, des fois encombrantes, toujours trop présentes. C'est fou comme on se répète. Nous sommes des répétitions variées d'une même histoire. Bien que ce soit la même histoire, on la trouve intéressante et effrayante.
La princesse a un peu engraissé et s'ennuie officiellement. Elle n'a pas trouvé le souverain de son coeur, quelqu'un avec qui faire des enfants, quelqu'un à aimer, une voie dans laquelle s'inscrire. Elle se demande si Gontran le chevalier pourrait être sa moitié, mais rien ne surgit.
Terese s'occupe des comptes et ne se soucit pas trop. Elle attend le moment propice pour capitaliser et investir, mais aucun investisseur ne s'est encore présenté. Elle est patiente et attentive.
Jean courtemanche se donne pleinement aux modèles miniatures, sous l'oeil bienveillant et indifférent de son épouse Réjeanne.
Louis-Michel se lime les ongles et écrit sa biographie. Il s'est acheté un ensemble Prada en lin et le regarde plusieurs fois par jour.
Adrianna Gourd a des gaz. Elle n'est pas trop en forme ces derniers temps et prend des médicaments naturels, surnaturels et pharmaceutiques.
Brahma Ménard médite et doute des ses convictions: l'ordinaire, quoi.
Et moi? Moi, je me questionne et je me demande quelle direction prendre. J'arrive à trouver les questions intéressantes, des fois encombrantes, toujours trop présentes. C'est fou comme on se répète. Nous sommes des répétitions variées d'une même histoire. Bien que ce soit la même histoire, on la trouve intéressante et effrayante.
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moi,
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Réjeanne Courtemanche,
Satan Brossard
lundi 14 avril 2008
Missive de Jean Courtemanche
À: Madame Terese Von Wartburg, présidente du C.A.
De: Jean Courtemanche, ministre sortant du développement
Chère Madame,
La présente est pour vous informer de ma démission en tant que ministre du développement. J'ai constaté lors des derniers mois, une fatigue continuelle et un manque d'envie pour ma position. Je crois que dû à mon âge et mes réalisations (une chapelle et une cathédrale pour notre île), je peux me retirer content. Je suis très fier de ces réalisations et du dynamisme que j'ai pu créer dans notre communauté. Par contre, il est temps pour l'île de connaître d'autres moteurs et que les habitants se solidarisent autour de projets plus proches d'eux. Je sais que vous avez déjà commencé le réaménagement de la façade sud de la cathédrale pour en faire une paroi vitrée: je crois que c'est un bon projet et je vous donne ma bénédiction. Il serait intéressant que l'île se dote de différentes installations (un aqueduc, un théâtre, des maisons et une école) afin que les constructions religieuses soient mieux intégrer dans le paysage.
Je suis fatigué et ai besoin de repos. Je prendrai donc une pause de notre sénat (bien méritée) pour me ressourcer. Je compte faire des modèles à coller et de la peinture à numéro d'ici les prochains mois. Je laisse à vos bons soins les institutions que j'ai construites et serai de retour parmi vous d'ici quelque temps, quand je me serai bien reposé. Alors, je me proposerai comme ministre du loisir et du jovialisme, dans lequel, j'excellerai.
Salutations à tous,
Jean Courtemanche
De: Jean Courtemanche, ministre sortant du développement
Chère Madame,
La présente est pour vous informer de ma démission en tant que ministre du développement. J'ai constaté lors des derniers mois, une fatigue continuelle et un manque d'envie pour ma position. Je crois que dû à mon âge et mes réalisations (une chapelle et une cathédrale pour notre île), je peux me retirer content. Je suis très fier de ces réalisations et du dynamisme que j'ai pu créer dans notre communauté. Par contre, il est temps pour l'île de connaître d'autres moteurs et que les habitants se solidarisent autour de projets plus proches d'eux. Je sais que vous avez déjà commencé le réaménagement de la façade sud de la cathédrale pour en faire une paroi vitrée: je crois que c'est un bon projet et je vous donne ma bénédiction. Il serait intéressant que l'île se dote de différentes installations (un aqueduc, un théâtre, des maisons et une école) afin que les constructions religieuses soient mieux intégrer dans le paysage.
Je suis fatigué et ai besoin de repos. Je prendrai donc une pause de notre sénat (bien méritée) pour me ressourcer. Je compte faire des modèles à coller et de la peinture à numéro d'ici les prochains mois. Je laisse à vos bons soins les institutions que j'ai construites et serai de retour parmi vous d'ici quelque temps, quand je me serai bien reposé. Alors, je me proposerai comme ministre du loisir et du jovialisme, dans lequel, j'excellerai.
Salutations à tous,
Jean Courtemanche
Jean Courtemanche prend sa retraite
Ce matin Jean se leva, s'assit dans son fauteuil et se sentait déprimé comme depuis un bout de temps. Il changeait les postes de la télévision et s'ennuyait ferme. Il ne cessait de ressasser les évènements des derniers mois et ne réussissait pas à retrouver le goût du travail. Malgré les nombreuses séances de toilettes chimiques confessionales, il ne pouvait songer à son travail sans amertume et avec ressentiment.
Par contre, il trouvait le temps bien long dans sa maison avec Réjeanne qui tournait autour et faisait force ménage. Puis une annonce de planification financière avec en arrière-plan une des constructions qu'il avait réalisée vantaient les mérites de la planification de la retraite. Ses yeux s'ouvrirent grand et il cria très fort:
"Eille Réjeanne! Je vais prendre ma retraite"
Réjeanne arriva en essuyant les restes de pâte à tarte sur le tablier:
"Ah! Oui? Qu'est-ce que tu vas faire?"
Des modèles à coller, m'occuper de mes petits enfants, prendre des marches et tondre le gazon. De la chaloupe aussi.
Par contre, il trouvait le temps bien long dans sa maison avec Réjeanne qui tournait autour et faisait force ménage. Puis une annonce de planification financière avec en arrière-plan une des constructions qu'il avait réalisée vantaient les mérites de la planification de la retraite. Ses yeux s'ouvrirent grand et il cria très fort:
"Eille Réjeanne! Je vais prendre ma retraite"
Réjeanne arriva en essuyant les restes de pâte à tarte sur le tablier:
"Ah! Oui? Qu'est-ce que tu vas faire?"
Des modèles à coller, m'occuper de mes petits enfants, prendre des marches et tondre le gazon. De la chaloupe aussi.
dimanche 30 mars 2008
Terese scrute
Elle avait convoqué tous les habitants de l'île à sa réunion. Terese les attendait dans le milieu de la cathédrale avec un casque de construction sur la tête, mais habillée d'une jupe de suède et de ses bottes assorties. C'était en tant que présidente tournante qu'elle avait organisée cette réunion/groupe de travail/ commission d'enquête sur la cathédrale. Tous y étaient allés à contrecoeur. Tout le monde savait bien que la construction traînait en longueur et que l'essoufflement s'était mis de la partie. Jean Courtemanche ne s'était pas présenté à la réunion se sentant encore un peu déprimé et trop pris par le sujet. Il préférait entendre le verdict après la plénière.
Elle fit dresser une table au coeur du transept et s'assit au centre de la table. Elle disposa ses papiers devant elle et mis ses lunettes de lecture. Voici un extrait de son allocution:
"Chers amis,
Je me questionne sur la présence de cette cathédrale en notre île et j'essaie de comprendre quel est son problème. Notre constructeur est en burn out et le flou semble nimber ce projet. Je sais que tous taisent une partie des sentiments qu'ils ressentent face à cette bâtisse. Un silence épais et tacite règne parmi nous et je crains que cette situation n'enlève la vivacité à notre communauté.
Je commencerai par m'exprimer au sujet de cette cathédrale. Lorsque que je suis arrivé cette année au sein de l'île, je me suis dit en arrivant en bateau que c'était une construction bien énorme pour une si petite île. Majestueuse, imposante, forte, mais tout de même disproportionnée. Je me suis dit en moi-même: quelle drôle d'idée d'avoir une chapelle et une cathédrale sur une même île. Je me demande parfois à quoi elle sert: nous n'y allons jamais car son intérieur est lugubre et froid et nous avons déjà notre église pour nous-mêmes. En plus, personne ici n'est religieux et nous n'avons pas de ministre et n'en voulons pas. Les touristes sont rares (5 par jours!): elle ne sert finalement que très peu et à peu de gens.
L'autre problème est qu'elle nous apparaisse difficilement. Puisqu'il y fait si sombre, il est difficile d'y voir à l'intérieur. Et c'est aussi vrai pour l'extérieur! Elle est si haute et près de la chapelle qu'on ne peut s'imaginer son ampleur véritable. Je défie quiconque de la bien dessiner!
Je sais que Brahma et la princesse la trouvent impersonnelle, que Satan la trouve froide, que Gontran en est fier, que Jean ne sait plus comment s'y lier. Il y a bien Adrianna Gourd qui la trouve majestueuse et élevée. Moi, je crois que c'est un symbole appréciable, digne de fierté, mais trop proche de nous."
Tout le monde se regardait les pieds.
Terese repartit de plus belle:
"Personne n'a remarqué que sa construction était terminée. Il y manque toujours des festons, de gargouilles et autres détails architecturaux, mais la cathédrale est. Je constate aussi qu'il n'y a eu aucune cérémonie d'inauguration, que personne ne l'a investi. Alors voici ma question: qu'allons-nous en faire?"
Tous semblaient éluder la question.
"Voici les options: 1)la détruire 2)l'investir 3) la déplacer"
Gontran s'exclama:" Nous devrions faire en sorte que la façade soit en verre, ainsi la lumière entrerait. Le soleil y pénètrerait grandiose!"
Tous se tournèrent vers lui, interloqués et surpris.
"Et on pourrait aussi y donner des pièces de théâtre, des passions, des concerts, des sonneries."
Terese était médusée. "Je t'en charge" lui dit-elle.
Gontran souriait et tous les autres îliens le regardèrent avec admiration et soulagement.
Brahma dit alors: "La meilleure solution serait de la distancier réellement ou que l'on construise d'autres bâtiments afin qu'elle se perde parmi d'autres, mais avant que cela ne se fasse je crois que nous devrions construire un ruisseau pour nous en séparer. Nous pourrions y jeter un ponceau afin qu'il réunisse les deux terres d'église.
Tous se regardèrent et se levèrent bruyamment, contents d'avoir trouvé une solution.
Elle fit dresser une table au coeur du transept et s'assit au centre de la table. Elle disposa ses papiers devant elle et mis ses lunettes de lecture. Voici un extrait de son allocution:
"Chers amis,
Je me questionne sur la présence de cette cathédrale en notre île et j'essaie de comprendre quel est son problème. Notre constructeur est en burn out et le flou semble nimber ce projet. Je sais que tous taisent une partie des sentiments qu'ils ressentent face à cette bâtisse. Un silence épais et tacite règne parmi nous et je crains que cette situation n'enlève la vivacité à notre communauté.
Je commencerai par m'exprimer au sujet de cette cathédrale. Lorsque que je suis arrivé cette année au sein de l'île, je me suis dit en arrivant en bateau que c'était une construction bien énorme pour une si petite île. Majestueuse, imposante, forte, mais tout de même disproportionnée. Je me suis dit en moi-même: quelle drôle d'idée d'avoir une chapelle et une cathédrale sur une même île. Je me demande parfois à quoi elle sert: nous n'y allons jamais car son intérieur est lugubre et froid et nous avons déjà notre église pour nous-mêmes. En plus, personne ici n'est religieux et nous n'avons pas de ministre et n'en voulons pas. Les touristes sont rares (5 par jours!): elle ne sert finalement que très peu et à peu de gens.
L'autre problème est qu'elle nous apparaisse difficilement. Puisqu'il y fait si sombre, il est difficile d'y voir à l'intérieur. Et c'est aussi vrai pour l'extérieur! Elle est si haute et près de la chapelle qu'on ne peut s'imaginer son ampleur véritable. Je défie quiconque de la bien dessiner!
Je sais que Brahma et la princesse la trouvent impersonnelle, que Satan la trouve froide, que Gontran en est fier, que Jean ne sait plus comment s'y lier. Il y a bien Adrianna Gourd qui la trouve majestueuse et élevée. Moi, je crois que c'est un symbole appréciable, digne de fierté, mais trop proche de nous."
Tout le monde se regardait les pieds.
Terese repartit de plus belle:
"Personne n'a remarqué que sa construction était terminée. Il y manque toujours des festons, de gargouilles et autres détails architecturaux, mais la cathédrale est. Je constate aussi qu'il n'y a eu aucune cérémonie d'inauguration, que personne ne l'a investi. Alors voici ma question: qu'allons-nous en faire?"
Tous semblaient éluder la question.
"Voici les options: 1)la détruire 2)l'investir 3) la déplacer"
Gontran s'exclama:" Nous devrions faire en sorte que la façade soit en verre, ainsi la lumière entrerait. Le soleil y pénètrerait grandiose!"
Tous se tournèrent vers lui, interloqués et surpris.
"Et on pourrait aussi y donner des pièces de théâtre, des passions, des concerts, des sonneries."
Terese était médusée. "Je t'en charge" lui dit-elle.
Gontran souriait et tous les autres îliens le regardèrent avec admiration et soulagement.
Brahma dit alors: "La meilleure solution serait de la distancier réellement ou que l'on construise d'autres bâtiments afin qu'elle se perde parmi d'autres, mais avant que cela ne se fasse je crois que nous devrions construire un ruisseau pour nous en séparer. Nous pourrions y jeter un ponceau afin qu'il réunisse les deux terres d'église.
Tous se regardèrent et se levèrent bruyamment, contents d'avoir trouvé une solution.
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lundi 10 mars 2008
Jean Courtemanche confessé
Jean est assis dans son fauteuil depuis plus d'un mois...Réjeanne n'aime pas trop ça, mais ne s'inquiète pas. Jean non plus n'aime pas ça et il triche en allant voir les chantiers, mais toujours déguisé afin que personne ne le remarque. Au moins, il s'amuse à changer de déguisement: une vieille dame, un clown, une mascotte de Baseball mineur, un inspecteur du gouvernement.
Un jour d'une visite travestie sur un chantier d'une Église Baptiste, il regardait l'avancée des travaux en travers de la clôture. Il constatait satisfait l'allure de la bâtisse et le rythme des employés. Soudain, il entend quelqu'un s'éclaircir la gorge derrière lui. Il se retourne surpris et voit le prêtre baptiste, évangile en main, le regarder.
Prêtre: Vous avez besoin de vous confesser, mon frère.
Jean Courtemanche: Non, non. Merci.
P: Avez-vous vu un point d'interrogation à la fin de ma phrase? Regardez: Vous avez besoin de vous confesser, mon frère.
J: Ah non, c'est bien vrai...il n'y en a pas!
P: Venez vous confesser.
Le prêtre se dirigea vers deux toilettes chimiques bleues, dressées côte à côte. Jean le suivit, hésitant et à une courte distance, dit:
J: Ce ne semble pas être un lieu approprié pour se confesser.
P: Pas plus qu'un habit de clown pour un entrepreneur en construction ecclésiastique.
Il dit cette dernière phrase sans se retourner et en empoignant vigoureusement la porte de la toilette chimique pour s'y engager d'un geste preste. Jean regarda ses souliers courbés de Clown, vue qui était légèrement obstruée par le nez rouge apposé au bout de son propre pif. La dernière remarque l'avait convaincu de la valeur de l'homme de foi.
Il entra dans la cabine de plastique bleue et un portillon s'ouvrit doucement à sa droite.
P:Vous devez conserver vos culottes en tout temps. C'est une installation temporaire.
J: Bien sûr, mon père.
P: Frère, je suis baptiste...
J: Désolé.
P: Dites-moi l'objet de votre trouble.
J: Je ne peux plus m'abandonner à mon travail avec joie et démesure. J'ai peur et je suis triste. Je suis aussi confus.
P: Une chose à la fois...pourquoi êtes-vous confus?
J: J'ai peur que mon amour me mène à la souffrance.
P: L'amour mène à la souffrance, ou du moins partiellement.
J: J'ai peur que la souffrance dépasse l'amour que j'éprouve.
P: Voilà qui est mieux dit. Est-ce arrivé?
J: Non, j'ai arrêté à temps. Mais j'ai souffert.
P:Et vous avez peur de???
J: Me retrouver dans la même situation
P: Alors, il faut faire différemment
J: Je sais, mais je n'ai pas trouvé.
P:Et vous êtes triste de quoi?
J: De ne plus entretenir une relation idéale avec mon travail.
P: Entretenez-vous une relation idéale avec votre femme
J: Réjeanne? Ça fait 35 ans que nous sommes ensemble!
P: Vous l'aimez?
J: oui, beaucoup.
P: Donc vous pouvez aimer votre travail sans avoir une relation idéale avec celui-ci.
Jean reste muet.
P: Je vous souhaite de faire votre travail dans la joie, mais je ne vous souhaite pas la démesure. Dieu préfère la sincérité à la quantité...surtout ces jours-ci!
J: Merci, mon Père.
P: Frère...
P: J'ai d'autres questions. Pourquoi êtes-vous déguisé en clown?
J: Je trouvais ça drôle et j'aime ça que mes employés soient décontenancés. Et en plus, j'aime bien me déguiser en femme...c'est une petit fantasme...j'ai lu dans un livre qu'il fallait exprimer son côté féminin.
P: Je vois.
J: Moi, j'ai une question. Pourquoi confessez-vous les gens sans qu'ils le demandent? Pourquoi travaillez-vous quand votre église n'est pas encore bâtie et pour quelqu'un qui ne fait pas partie de votre communauté? Et même de vous emménagez une confesse-o-jiggs?
P:Parce que c'est ma mission. J'aime aider les gens. Et le monde est mon église.
J: Mais, votre travail, il ne vous fait jamais chier? Oh Pardon, mon Père, eeuuuuhh, Frère.
P: Oui, bien sûr, ma mission est tellement claire que j'en oublie facilement les désagréments. Et puis je les ai aussi balayés avec le temps.
J: Est-ce que ça veut dire que ma mission n'est pas de bâtir de cathédrale? dit-il, d'une voix remplie de crainte et de désespoir
P: Peut-être. Mais je crois surtout que c'est une partie de votre travail qui ne vous appartient pas. Je pense que vous devriez cesser de vous voir comme un employeur ou du moins comme un bon employeur. Votre spécialité est la construction de cathédrale, pas la gestion d'une équipe. Vous devriez avoir quelqu'un pour faire ça. Vous concentrer sur votre véritable talent: créer un lieu où Dieu et les hommes se rencontrent dans la confidence, la joie et la tristesse. Travaillez pour vous!
L'homme d'Église se leva rapidement et sortit de la toilette chimique en expirant bruyamment: il avait fait toute sa confesse sur un seul souffle. Un miracle.
Un jour d'une visite travestie sur un chantier d'une Église Baptiste, il regardait l'avancée des travaux en travers de la clôture. Il constatait satisfait l'allure de la bâtisse et le rythme des employés. Soudain, il entend quelqu'un s'éclaircir la gorge derrière lui. Il se retourne surpris et voit le prêtre baptiste, évangile en main, le regarder.
Prêtre: Vous avez besoin de vous confesser, mon frère.
Jean Courtemanche: Non, non. Merci.
P: Avez-vous vu un point d'interrogation à la fin de ma phrase? Regardez: Vous avez besoin de vous confesser, mon frère.
J: Ah non, c'est bien vrai...il n'y en a pas!
P: Venez vous confesser.
Le prêtre se dirigea vers deux toilettes chimiques bleues, dressées côte à côte. Jean le suivit, hésitant et à une courte distance, dit:
J: Ce ne semble pas être un lieu approprié pour se confesser.
P: Pas plus qu'un habit de clown pour un entrepreneur en construction ecclésiastique.
Il dit cette dernière phrase sans se retourner et en empoignant vigoureusement la porte de la toilette chimique pour s'y engager d'un geste preste. Jean regarda ses souliers courbés de Clown, vue qui était légèrement obstruée par le nez rouge apposé au bout de son propre pif. La dernière remarque l'avait convaincu de la valeur de l'homme de foi.
Il entra dans la cabine de plastique bleue et un portillon s'ouvrit doucement à sa droite.
P:Vous devez conserver vos culottes en tout temps. C'est une installation temporaire.
J: Bien sûr, mon père.
P: Frère, je suis baptiste...
J: Désolé.
P: Dites-moi l'objet de votre trouble.
J: Je ne peux plus m'abandonner à mon travail avec joie et démesure. J'ai peur et je suis triste. Je suis aussi confus.
P: Une chose à la fois...pourquoi êtes-vous confus?
J: J'ai peur que mon amour me mène à la souffrance.
P: L'amour mène à la souffrance, ou du moins partiellement.
J: J'ai peur que la souffrance dépasse l'amour que j'éprouve.
P: Voilà qui est mieux dit. Est-ce arrivé?
J: Non, j'ai arrêté à temps. Mais j'ai souffert.
P:Et vous avez peur de???
J: Me retrouver dans la même situation
P: Alors, il faut faire différemment
J: Je sais, mais je n'ai pas trouvé.
P:Et vous êtes triste de quoi?
J: De ne plus entretenir une relation idéale avec mon travail.
P: Entretenez-vous une relation idéale avec votre femme
J: Réjeanne? Ça fait 35 ans que nous sommes ensemble!
P: Vous l'aimez?
J: oui, beaucoup.
P: Donc vous pouvez aimer votre travail sans avoir une relation idéale avec celui-ci.
Jean reste muet.
P: Je vous souhaite de faire votre travail dans la joie, mais je ne vous souhaite pas la démesure. Dieu préfère la sincérité à la quantité...surtout ces jours-ci!
J: Merci, mon Père.
P: Frère...
P: J'ai d'autres questions. Pourquoi êtes-vous déguisé en clown?
J: Je trouvais ça drôle et j'aime ça que mes employés soient décontenancés. Et en plus, j'aime bien me déguiser en femme...c'est une petit fantasme...j'ai lu dans un livre qu'il fallait exprimer son côté féminin.
P: Je vois.
J: Moi, j'ai une question. Pourquoi confessez-vous les gens sans qu'ils le demandent? Pourquoi travaillez-vous quand votre église n'est pas encore bâtie et pour quelqu'un qui ne fait pas partie de votre communauté? Et même de vous emménagez une confesse-o-jiggs?
P:Parce que c'est ma mission. J'aime aider les gens. Et le monde est mon église.
J: Mais, votre travail, il ne vous fait jamais chier? Oh Pardon, mon Père, eeuuuuhh, Frère.
P: Oui, bien sûr, ma mission est tellement claire que j'en oublie facilement les désagréments. Et puis je les ai aussi balayés avec le temps.
J: Est-ce que ça veut dire que ma mission n'est pas de bâtir de cathédrale? dit-il, d'une voix remplie de crainte et de désespoir
P: Peut-être. Mais je crois surtout que c'est une partie de votre travail qui ne vous appartient pas. Je pense que vous devriez cesser de vous voir comme un employeur ou du moins comme un bon employeur. Votre spécialité est la construction de cathédrale, pas la gestion d'une équipe. Vous devriez avoir quelqu'un pour faire ça. Vous concentrer sur votre véritable talent: créer un lieu où Dieu et les hommes se rencontrent dans la confidence, la joie et la tristesse. Travaillez pour vous!
L'homme d'Église se leva rapidement et sortit de la toilette chimique en expirant bruyamment: il avait fait toute sa confesse sur un seul souffle. Un miracle.
lundi 18 février 2008
Jean Courtemanche devant ses échecs
Dure année pour le pauvre Jean. La construction de chapelles, d'églises et de cathédrales est en pleine croissance et ses mérites de contracteur ont été reconnus en dehors des frontières même de l'île. Le pauvre Jean est fatigué et déçu; fatigué d'avoir tant travaillé, mais aussi déçu de ses employés et de ses clients.
Le problème de Jean Courtemanche, c'est qu'il est trop honnête et trop parfait. Son amour de la construction religieuse (choisir le type de pierre, les volutes, les arcs, les pigments, tout!) et sa passion pour le travail rigoureux sont tels qu'ils le rendent pur et droit. Mais le voilà depuis quelques semaines assis dans son sofa et il regarde d'un air vague son bilan financier et les différents plans des églises construites. Il se rappelle aussi de cette secrétaire fatigante qui se limait les ongles à s'en écourter les doigts, de cet employé névrosé qui un coup le travail accompli détruisait tout avec sa masse en pleurant, de ce rabin roublard tricotant et retricotant ses phrases pour économiser quelques centimes et vous faire sentir comme si vous étiez le pire contracteur religieux du monde (fini les synagogues se dit-il), de cette chanteuse de messe hystérique qui venait s'érailler en plein chantier dérangeant et terrorisant les ouvriers, leur demandant de danser avec leur pelle et de la repeigner avec leur râteaux, et même de son propre père Anselme Courtemanche qui venait se lamenter du passé demandant attention et rétribution.
Décidément, il ne voyait pas trop à quoi ça servait de construire des églises, de faire ce qu'il aime quand tous ceux avec qui il travaille viennent foutre le bordel sur le chantier, retardant les échéances, rendant le travail lourd, enduisant de poix ses nobles ambitions.
Mais ne voyez-vous pas qu'on ne bâtit pas des églises comme des maisons? clamait-il.
(J)ean: Mais i comprennent pas qu'on fait pas une église comme un shack? disait-il à Réjeanne Courtemanche, sa redoutable et efficace épouse.
(R)éjeanne: (lui flattant le crâne dégarni, d'un air distrait et un peu exaspéré) Et pourquoi on ne bâtirait pas une église comme un shack?
J: (soupirant tel un ballon qui se dégonfle) Parce que
R: (toujours exaspérée)Parce que quoi?
J: (enflammé, se redressant soudainement, mais en ayant mal au dos à cause de la soudaineté du geste quoique cachant la douleur par souci d'épargner son honneur devant la redoutable R)Parce qu'une église c'est grand, c'est noble, ça sert à nous rapprocher de ce qu'il y a de meilleur en nous et chaque pierre doit être posée avec cette intention.
R: chéri
J: oui
R: 1) Il y a des gens qui construisent des églises pour d'autres raisons (pour payer leur bills par exemple)
2) Il semble clair que ce ne soit pas tout le monde qui possède le même degré de droiture, de rectitude et la même exigence envers soi-même que toi.
J: (choqué) c'est choquant
R: (résumant) J'en conviens. Maintenant, tu es averti, tu le sais.
J: Oui, mais là j'ai plus envie de travailler, j'suis fatigué, j'suis pas motivé. Qu'est ce que je vas faire?
R: Ben tu vas prendre des petites vacances, j'vas te faire un bain de pied pis du pâté chinois. Pis laisse-moi gérer le monde sur le chantier. Tu vas voir, i vont filer doux. Pis ton rabin, tu me donneras le téléphone, m'a i organisé sa synagogue.
J: (désespéré) Ah maudite synagogue: on avait même pas fini de peinturer les murs, pis la i m'a dit que la peinture était pas de la bonne couleur, pis qu'on aurait dû commencer par le mur du fond, pis qu'a sentait trop fort. Pis i m'a dit de partir. Maudit chien sale. Moi qui avait fait un si beau plan, pis au 3/4 construit.
R: Ben t'as été assez épais mon Jean pour payer la peinture de ta poche "parce que cette marque-là ça faisait plus beau".
J: (larmoyant)Mais ça faisait vraiment plus beau...pis en plus, je me disais que ça m'amènerait d'autre contrat de synagogue.
R: Bon, ça suffit mon Jean...tu commences à me casser les oreilles. Si le rabin rappelle, je vais lui dire de s'étouffer avec ses boudins, la chanteuse hystérique est partie (gravement blessée lors d'un orage de poulet), l'employé névrosé s'est suicidé, ton père est retourné à l'hospice, la maudite folle fatigante de secrétaire, tu l'as déportée pis t'as acheté un afficheur. Yé où le problème?
J: je suis pas motivé, j'ai pas envie de travailler.
R: Parfait, je vais m'occuper du travail en attendant. D'ailleurs, t'as reçu une soumission pour construire une grotte aux miracles dans une cathédrale presbytérienne. Y ont ben de l'argent...
J: enwèye, enwèye, montre-moi ça!
Incorrigible Jean.
Le problème de Jean Courtemanche, c'est qu'il est trop honnête et trop parfait. Son amour de la construction religieuse (choisir le type de pierre, les volutes, les arcs, les pigments, tout!) et sa passion pour le travail rigoureux sont tels qu'ils le rendent pur et droit. Mais le voilà depuis quelques semaines assis dans son sofa et il regarde d'un air vague son bilan financier et les différents plans des églises construites. Il se rappelle aussi de cette secrétaire fatigante qui se limait les ongles à s'en écourter les doigts, de cet employé névrosé qui un coup le travail accompli détruisait tout avec sa masse en pleurant, de ce rabin roublard tricotant et retricotant ses phrases pour économiser quelques centimes et vous faire sentir comme si vous étiez le pire contracteur religieux du monde (fini les synagogues se dit-il), de cette chanteuse de messe hystérique qui venait s'érailler en plein chantier dérangeant et terrorisant les ouvriers, leur demandant de danser avec leur pelle et de la repeigner avec leur râteaux, et même de son propre père Anselme Courtemanche qui venait se lamenter du passé demandant attention et rétribution.
Décidément, il ne voyait pas trop à quoi ça servait de construire des églises, de faire ce qu'il aime quand tous ceux avec qui il travaille viennent foutre le bordel sur le chantier, retardant les échéances, rendant le travail lourd, enduisant de poix ses nobles ambitions.
Mais ne voyez-vous pas qu'on ne bâtit pas des églises comme des maisons? clamait-il.
(J)ean: Mais i comprennent pas qu'on fait pas une église comme un shack? disait-il à Réjeanne Courtemanche, sa redoutable et efficace épouse.
(R)éjeanne: (lui flattant le crâne dégarni, d'un air distrait et un peu exaspéré) Et pourquoi on ne bâtirait pas une église comme un shack?
J: (soupirant tel un ballon qui se dégonfle) Parce que
R: (toujours exaspérée)Parce que quoi?
J: (enflammé, se redressant soudainement, mais en ayant mal au dos à cause de la soudaineté du geste quoique cachant la douleur par souci d'épargner son honneur devant la redoutable R)Parce qu'une église c'est grand, c'est noble, ça sert à nous rapprocher de ce qu'il y a de meilleur en nous et chaque pierre doit être posée avec cette intention.
R: chéri
J: oui
R: 1) Il y a des gens qui construisent des églises pour d'autres raisons (pour payer leur bills par exemple)
2) Il semble clair que ce ne soit pas tout le monde qui possède le même degré de droiture, de rectitude et la même exigence envers soi-même que toi.
J: (choqué) c'est choquant
R: (résumant) J'en conviens. Maintenant, tu es averti, tu le sais.
J: Oui, mais là j'ai plus envie de travailler, j'suis fatigué, j'suis pas motivé. Qu'est ce que je vas faire?
R: Ben tu vas prendre des petites vacances, j'vas te faire un bain de pied pis du pâté chinois. Pis laisse-moi gérer le monde sur le chantier. Tu vas voir, i vont filer doux. Pis ton rabin, tu me donneras le téléphone, m'a i organisé sa synagogue.
J: (désespéré) Ah maudite synagogue: on avait même pas fini de peinturer les murs, pis la i m'a dit que la peinture était pas de la bonne couleur, pis qu'on aurait dû commencer par le mur du fond, pis qu'a sentait trop fort. Pis i m'a dit de partir. Maudit chien sale. Moi qui avait fait un si beau plan, pis au 3/4 construit.
R: Ben t'as été assez épais mon Jean pour payer la peinture de ta poche "parce que cette marque-là ça faisait plus beau".
J: (larmoyant)Mais ça faisait vraiment plus beau...pis en plus, je me disais que ça m'amènerait d'autre contrat de synagogue.
R: Bon, ça suffit mon Jean...tu commences à me casser les oreilles. Si le rabin rappelle, je vais lui dire de s'étouffer avec ses boudins, la chanteuse hystérique est partie (gravement blessée lors d'un orage de poulet), l'employé névrosé s'est suicidé, ton père est retourné à l'hospice, la maudite folle fatigante de secrétaire, tu l'as déportée pis t'as acheté un afficheur. Yé où le problème?
J: je suis pas motivé, j'ai pas envie de travailler.
R: Parfait, je vais m'occuper du travail en attendant. D'ailleurs, t'as reçu une soumission pour construire une grotte aux miracles dans une cathédrale presbytérienne. Y ont ben de l'argent...
J: enwèye, enwèye, montre-moi ça!
Incorrigible Jean.
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lundi 11 février 2008
Un party sur le Brisbane II
C'était fête hier soir sur le pont du Brisbane II. Terese avait préparé une longue table avec des victuailles coûteuses provenant des quatre coins du monde et elle officiait telle une reine expliquant la provenance de chacun des éléments. Jean Courtemanche était en vacances et bien content de l'être: son entreprise de construction de cathédrales, églises et chapelles a connu dans les dernières années une expansion sans précédents et la situation fut difficile à gérer. Il avait pour l'occasion déserré sa cravate. Satan fit bien péter un pétard suscitant la surprise et l'hilarité générale. Il disparut aussi un bon moment avec les deux "gerda" ramassées aux Barbades. Elles revinrent les joues rouges et Satan, l'oeil brillant.
Les lumignons brillaient sur le pont et de jolis reflets enserraient le yacht. Les poissons se pressaient autour de l'embarcation pour voir la joie des convives.
Les lumignons brillaient sur le pont et de jolis reflets enserraient le yacht. Les poissons se pressaient autour de l'embarcation pour voir la joie des convives.
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