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lundi 5 janvier 2009

Déclaration annuelle des membres du conseil: Louis-Michel

Varadero, 9 janvier 2009.

Vous savez très bien que je n'aime pas trop vivre sur l'île. Je me sens à l'étroit et je vous snobe un peu. J'aime tellement mieux être avec X. C'est mon meilleur ami et on aime toujours être ensemble. Je rends sa vie TELLEMENT plus agréable, avec moi, il ne s'ennuie JAMAIS. C'est vrai. C'est pas comme avec vous qui êtes parfois désagréables! Mais ça semble mieux. J'adore être sur le Brisbane II et me dorer la couenne. Tellement agréable! Bon alors, oui, très bonne année, on m'écoute enfin. On a plus de plaisir, on fait des choses bonnes pour soi, la maison est plus en ordre, on se relaxe, boit de l'eau, loue des DVD, part au Maroc. C'est qui, c'est moi! Tout le monde est plus content (Brahma, Terese, Princesse, tout le monde!). J'ai accompli ce que des années de travail acharné ont peu faire en un été! Je suis partout: au travail, en amour, dans la solitude, avec les amis, j'amène ce qui est bon. On rit, on s'amuse, on se détend! Et ça coûte rien! (Ou presque!)

Bises!

L^M.

jeudi 9 octobre 2008

Polaroid

Satan court après plein de poulets. Il s'amuse ferme. Pas de pièce de théâtre pour l'instant, des rêves, des idées et des poulets.
Terese a rencontré les journalistes. Elle s'est fait faire une photo dans son bureau, souriante et affairée. Un peu femme d'affaire des années 50, dans son empire. Elle Projette des profits records.
Jean Courtemanche: revient de la pêche.
Anselme devient propre et se pratique à faire des boucles.
Adrianna arrive a une maturité qu'elle ne croyait pas possible. Son art lui apparait avec clarté et puissance.
Princesse Amour regarde l'océan. Elle s'est durcie. Elle regarde à l'arrière et sur la table sa couronne de Reine git.
Louis-Michel danse dans l'espace et réalise le rêve fou de Saint-Denys Garneau.
20 degré celsius. Brise marine. Soleil.

mardi 16 septembre 2008

La plaine

Je regarde devant moi et il y a une plaine infinie. Les blés se meuvent au gré du vent et le soleil dore les grains. Peut-être y a-t-il aussi un cours d'eau au loin, un peu de relief quoi, pour créer de l'intérêt. Je regarde et je me sens bien. Un peu las sans doute, mais rien de bien dense comme sensation. Derrière moi, je le sais, il y a une maison, c'est la mienne. Elle ressemble beaucoup à celles que l'on dessine quand on a 4 ans. Un toit en pignon, dans le centre du pignon, une fenêtre, sous la fenêtre une porte. J'y reste seul. J'y invite bien des étrangers quelques fois, mais ils ne restent que rarement pour la nuit. Pas 2 nuits. Ils n'ont pas vraiment de raison de ne pas rester, c'est juste ainsi. Peut-être, reste-je trop en retrait? Peut-être n'y a-t-il pas assez d'emploi dans la région? Peut-être, peut-être. C'est la réponse aux questions sans réponses auxquelles on essaie de répondre seulement parce que l'on se sent mal à l'aise devant les questions. À ces questions, on devrait faire comme aux enfants de 4 ans: Parce que. Donc personne ne reste à coucher...

Personne, sauf évidemment Louis-Michel avec qui je blague, avec qui je fais des soupers, avec qui je dors quand je me sens seul. Louis-Michel mon antidote à moi-même, celui qui réussit à m'aimer dans toutes les situations et à faire de cette maison un paysage continuellement ensoleillé, qui ne permet que les clairs-obscurs des nuages passant sur les herbes, celui avec qui il fait bon se terrer durant l'orage ou la nuit, la chandelle allumée parlant de son éclat sur les murs peints à la chaux.

À ma droite, un cercle d'hommes nus qui se courent après. L'un veut celui d'en avant, et ainsi de suite. Ils courent et ne s'attrapent jamais. Un mouvement ridicule du désir où chacun veut toujours l'autre sans jamais l'atteindre.

Plusieurs solutions:

1) Mettre une roue au milieu et les obliger à moudre le grain
2) Les tuer un par un et les fumer. Beaucoup de sang.
3) Me mettre à crier, à pleurer et leur faire si peur qu'ils partent.

Des fois je cours aussi dans le cercle et je finis par avoir mal au coeur et je sors. Ça me fatigue.

Je regarde donc devant moi et je vois la plaine. Le cercle d'homme nu a disparu et je n'entends que le bruissement du vent dans l'herbage. Des fois, une peine vient me lacérer l'âme, mais rapidement, je respire et je sais que ma maison est derrière moi. Pignon, fenêtre, porte. Possiblement L-.M.

jeudi 17 avril 2008

Un polaroid

Satan se promène sur l'île. Il regarde ce qui l'entoure, fait peur aux oiseaux, salue les passants, regarde les détails dans la Chapelle. Des fois, il prend des poses et joue un personnage. Il se raconte des histoires et les habite. Il aimerait bien voyager et visiter de nouveaux lieux. Il met des fois son débardeur bleu pour se pratiquer à parler, il l'ajuste dans un miroir et regarde quel air ça lui fait. Je ne sais pas s'il s'ennuie, mais il cherche quelque chose à faire. Satan est beaucoup plus heureux depuis quelques années, il s'émancipe et prend de l'aise. Étonnement, les gens l'aiment beaucoup, parce qu'il est entier et drôle.

La princesse a un peu engraissé et s'ennuie officiellement. Elle n'a pas trouvé le souverain de son coeur, quelqu'un avec qui faire des enfants, quelqu'un à aimer, une voie dans laquelle s'inscrire. Elle se demande si Gontran le chevalier pourrait être sa moitié, mais rien ne surgit.

Terese s'occupe des comptes et ne se soucit pas trop. Elle attend le moment propice pour capitaliser et investir, mais aucun investisseur ne s'est encore présenté. Elle est patiente et attentive.

Jean courtemanche se donne pleinement aux modèles miniatures, sous l'oeil bienveillant et indifférent de son épouse Réjeanne.

Louis-Michel se lime les ongles et écrit sa biographie. Il s'est acheté un ensemble Prada en lin et le regarde plusieurs fois par jour.

Adrianna Gourd a des gaz. Elle n'est pas trop en forme ces derniers temps et prend des médicaments naturels, surnaturels et pharmaceutiques.

Brahma Ménard médite et doute des ses convictions: l'ordinaire, quoi.

Et moi? Moi, je me questionne et je me demande quelle direction prendre. J'arrive à trouver les questions intéressantes, des fois encombrantes, toujours trop présentes. C'est fou comme on se répète. Nous sommes des répétitions variées d'une même histoire. Bien que ce soit la même histoire, on la trouve intéressante et effrayante.

dimanche 9 mars 2008

Le Chalet

J'ai mis en marche le Brisbane II, mais je n'avais pas envie de retourner en haute mer. Je n'avais pas le courage, ni l'envie. J'ai donc commencé à avancer sans destination précise. Puis, j'ai vu sur la côte un chalet suisse qui donnait sur la mer. J'étais intrigué de voir une telle construction ayant pignon sur plage et frayant son chemin à travers les palmiers. Je dirigeai le Brisbane vers le quai qui prolongeait la sortie de la maison telle une langue tirée dans les flots paisibles. J'ammarai et me dirigeai vers l'habitation. Sur la porte, il était écrit " Xerus, entre!". J'étais surpris de me voir ainsi nommé sur la porte de la maison. À l'intérieur, c'était très semblable à la maison à laquelle j'avais rêvé il y a quelques années et où j'avais rencontré Louis-Michel. Il y avait une petite mezzanine dans le salon où il pouvait facilement dormir et de nombreuses fenêtres pour regarder à l'extérieur. Aussi du bois, partout. Je retournai au Brisbane et réveillai Louis-Michel. J'entrepris de lui faire visiter le chalet suisse et il était d'accord pour dire que les deux maisons se ressemblaient.

"C'est comme chez nous, mais dans le Sud."

Puis, je lui demandai s'il était plus sage de demeurer au chalet et d'utiliser le Brisbane pour des voyages ou de vivre dans le Brisbane et d'utiliser le chalet pour se reposer.

Voici ce qu'il me répondit:
"Je n'aime pas le mot sage dans ta question" et "Je crois qu'il est beaucoup trop tôt pour répondre à cette question".

Mmmmmm, Répondis-je.

Il prit une serviette et s'étendit nu sur le quai. Entre Brisbane et terre.