Princesse Amour, Reine Amertume et Béatrice la Boulangère sont réunies dans une salle du château. Elles sont au rouet et l'atmosphère est à son comble. On rit, on tisse et on parle. Les trois femmes qui cherchaient mari avec obstination et sans résultat un jour se rencontrèrent pour en parler: c'est ainsi que naquirent ces rencontres de tissage.
Princesse Amour avait cuisiné un mont-Blanc, Reine Amertume des carrés aux dattes et Béatrice la boulangère une magnifique couronne avec de la confiture de cerises de terre. La joie d'être ensemble portait leurs journées et la conscience de ne pas être seules les avaient apaisées.
Princesse Amour se leva de son rouet et se mit à tourner sur elle-même faisant voleter sa belle robe de tulle blanc. Elle arrêta son tournoiement pour empoigner un balai et se mettre à chanter une chanson de swing. Les deux autres se mirent à rire, pliées en deux de voir leur amie faire son numéro de chant. Mais celle-ci ne désemparait pas et continuait. La Reine et la Boulangère reprirent le rouet en accompagnant la princesse en chantant elles aussi. Elles se trouvèrent excellentes.
Béatrice, une fois la chanson finie, dit à la ronde: "on devrait se partir un groupe: les nobilettes. On pourrait chanter ensemble durant les fêtes et les réceptions."
C'est ainsi que les rencontres de tissage devinrent des moments d'études et de pratique autour de la musique de plusieurs époques. La musique contribuait à faire de leur vie et de leur amitié un moment riche où pour un court moment qui débordait sur le reste de leur existence la joie et la bonne humeur régnait en maître.
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dimanche 23 mai 2010
dimanche 3 janvier 2010
Bilan du C.A.-2009
Dans la grande salle des glaces -nouvellement inaugurée-, les rires et bruissements se faisaient ouïr parfois en fracas, en tintement, en explosion et parfois doucement. Tous avaient leur verre de Veuve coquelicot et un sourire accroché à leur lèvres. TvW passait de convive en convive récoltant félicitations et remerciements. Avec elle, une cascade de velours moiré et d'organdi perlé se propageait.
Après avoir salué tout le monde et offert des bons mots à tous, TvW se plaça à son siège derrière la table qui ceignait 3 murs de la riche pièce. Elle tinta délicatement sur son verre, et de cette coupe ciselée retentit, chatoyant, un vif argent sonore qui se logea dans l'oreille de chaque convive pour leur imposer un silence attentif.
TvW: Chers amis, dit-elle en regardant à la ronde. C'est avec un plaisir manifeste que nous nous réunissons à cette table, nous de l'île et nos plus chers invités, pour clore cette magnifique année.
Prenez place, je ferai une courte allocution!
Je voudrais tout d'abord remercier tous les habitants de l'Île pour leurs magnifiques talents et leur sens de l'Initiative. Je crois que nous formons un magnifique pays. Je voudrais aussi les remercier de leur confiance. Je crois ne pas vous avoir déçu (les convives se regardent en souriant et en hochant la tête)!
Suite à la demande des îliens de poursuivre mon engagement comme Présidente du C.A., je tiens à répondre un oui enthousiaste à cette invitation qui me passionne!
Je crois que nous devons continuer dans la même veine: augmenter notre territoire et nos infrastructures et multiplier nos contacts avec l'extérieur. Viser à attirer plus d'investissements et entreprendre des actions innovatrices et ambitieuses.
Il est important de cultiver la qualité de nos réalisations, de devenir encore meilleur dans ce que nous faisons. Je souhaite mettre de l'avant les réalisations de Satan Brossard qui commence à publier ses oeuvres (Satan dans un superbe costume, lui lève son verre et lui fait un clin d'oeil), celles de Adriana Gourd, artiste internationalement reconnue. Je souhaite aussi à remercier l'expérience de notre Jean Courtemanche, Sénateur émérite et l'apport de sagesse inestimable de Brahma Ménard qui maintient nos institutions dans le droit chemin.
Un mot aussi pour souligner la création du cercle des boulangères, composé par Princesse Amour, Reine Amertume et leur soeur Béatrice, la boulangère. Elles ont animé leur vie sociale et la nôtre. Magnifique.
Un dernier remerciement à Jésus, au Brisbane II, à mon chat Mofa, à Mohammed Douth, en retraite d'étude en ce moment, à Gontran et bien sûr à Anselme, toujours à l'étranger.
C'est le moment de fêter, car demain, ce sont de nouvelles entreprises passionnantes qui nous attendent!
Merci et Bonne année!
Mille hourras scandèrent et des serveurs entrèrent avec les mets les plus fins en quantité extravagante.
Après avoir salué tout le monde et offert des bons mots à tous, TvW se plaça à son siège derrière la table qui ceignait 3 murs de la riche pièce. Elle tinta délicatement sur son verre, et de cette coupe ciselée retentit, chatoyant, un vif argent sonore qui se logea dans l'oreille de chaque convive pour leur imposer un silence attentif.
TvW: Chers amis, dit-elle en regardant à la ronde. C'est avec un plaisir manifeste que nous nous réunissons à cette table, nous de l'île et nos plus chers invités, pour clore cette magnifique année.
Prenez place, je ferai une courte allocution!
Je voudrais tout d'abord remercier tous les habitants de l'Île pour leurs magnifiques talents et leur sens de l'Initiative. Je crois que nous formons un magnifique pays. Je voudrais aussi les remercier de leur confiance. Je crois ne pas vous avoir déçu (les convives se regardent en souriant et en hochant la tête)!
Suite à la demande des îliens de poursuivre mon engagement comme Présidente du C.A., je tiens à répondre un oui enthousiaste à cette invitation qui me passionne!
Je crois que nous devons continuer dans la même veine: augmenter notre territoire et nos infrastructures et multiplier nos contacts avec l'extérieur. Viser à attirer plus d'investissements et entreprendre des actions innovatrices et ambitieuses.
Il est important de cultiver la qualité de nos réalisations, de devenir encore meilleur dans ce que nous faisons. Je souhaite mettre de l'avant les réalisations de Satan Brossard qui commence à publier ses oeuvres (Satan dans un superbe costume, lui lève son verre et lui fait un clin d'oeil), celles de Adriana Gourd, artiste internationalement reconnue. Je souhaite aussi à remercier l'expérience de notre Jean Courtemanche, Sénateur émérite et l'apport de sagesse inestimable de Brahma Ménard qui maintient nos institutions dans le droit chemin.
Un mot aussi pour souligner la création du cercle des boulangères, composé par Princesse Amour, Reine Amertume et leur soeur Béatrice, la boulangère. Elles ont animé leur vie sociale et la nôtre. Magnifique.
Un dernier remerciement à Jésus, au Brisbane II, à mon chat Mofa, à Mohammed Douth, en retraite d'étude en ce moment, à Gontran et bien sûr à Anselme, toujours à l'étranger.
C'est le moment de fêter, car demain, ce sont de nouvelles entreprises passionnantes qui nous attendent!
Merci et Bonne année!
Mille hourras scandèrent et des serveurs entrèrent avec les mets les plus fins en quantité extravagante.
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mardi 30 décembre 2008
Déclaration annuelle des membres du conseil: Prince Amour/Reine Amertume
Chers amis,
Je suis en réflexion. Je pense abandonner mon poste de Reine pour devenir une femme normale qui vit dans le siècle. Je n'ai pas encore décidé, mais je voulais vous en faire part. Si cela se produit, je me trouverai un emploi et me construirai une maison.
Princesse Amour/Reine Amertume
Je suis en réflexion. Je pense abandonner mon poste de Reine pour devenir une femme normale qui vit dans le siècle. Je n'ai pas encore décidé, mais je voulais vous en faire part. Si cela se produit, je me trouverai un emploi et me construirai une maison.
Princesse Amour/Reine Amertume
mardi 23 décembre 2008
Princesse/ Reine Amour à la fenêtre
(Extrait du journal de la Princesse/Reine)
...Seule dans mon grand château vide. J'étais Princesse folle d'amour, je me heurtais sur les parois acérées d'une mer déchaînée, courais éperdue après l'autre, indifférent. Je me dépensais en une énergie volatile et désespérée...puis j'ai eu trop mal. Je me suis recluse, je suis devenu Reine et j'ai obtenu le dominion sur mes facultés, un empire sur moi-même et mes actions. Mais quoi? Je suis seule ici, triste et amère. Tellement amère que ça goûte mauvais dans ma bouche. J'aimerais le bonheur, des cieux enchantés, un tendre époux et redevenir la naïve princesse que j'étais. Prête à s'éprendre, à s'épandre et à se donner. Mais le ciel est lourd autour du Château et personne ne veut d'une reine d'amertume, grise et malheureuse. Que faire? Changer, disparaître?
Je ne sais dans quelle direction aller.
C'est sûr que je me fais prendre dans les couloirs du château par des laquais et des palefreniers, agréable, mais lassant. Mieux que rien.
Évidemment, manger un peu de sucre enlèverait l'amertume...peut-être acheter un fou de la reine...au moins, ce serait divertissant.
Difficile de se remettre en question lorsqu'on est Reine...Je crois que plusieurs ne veulent même pas passer au château à cause de ma sévérité, de mes demandes et de mes exigences. En devenant Reine, j'ai cessé d'être la proie des autres, de laisser la place à leurs exigences et leur velléités, mais je suis devenue inaccessible. Et cela m'isole...Peut-être devrais-je abdiquer? Devenir une femme normale, contemporaine, simple, m'inscrire dans le temps et l'espace?
Plutôt qu'être seule dans mon château et d'y moisir...
Je pense que je vais faire une fête de la nouvelle année...et je vais continuer à réfléchir.
...Seule dans mon grand château vide. J'étais Princesse folle d'amour, je me heurtais sur les parois acérées d'une mer déchaînée, courais éperdue après l'autre, indifférent. Je me dépensais en une énergie volatile et désespérée...puis j'ai eu trop mal. Je me suis recluse, je suis devenu Reine et j'ai obtenu le dominion sur mes facultés, un empire sur moi-même et mes actions. Mais quoi? Je suis seule ici, triste et amère. Tellement amère que ça goûte mauvais dans ma bouche. J'aimerais le bonheur, des cieux enchantés, un tendre époux et redevenir la naïve princesse que j'étais. Prête à s'éprendre, à s'épandre et à se donner. Mais le ciel est lourd autour du Château et personne ne veut d'une reine d'amertume, grise et malheureuse. Que faire? Changer, disparaître?
Je ne sais dans quelle direction aller.
C'est sûr que je me fais prendre dans les couloirs du château par des laquais et des palefreniers, agréable, mais lassant. Mieux que rien.
Évidemment, manger un peu de sucre enlèverait l'amertume...peut-être acheter un fou de la reine...au moins, ce serait divertissant.
Difficile de se remettre en question lorsqu'on est Reine...Je crois que plusieurs ne veulent même pas passer au château à cause de ma sévérité, de mes demandes et de mes exigences. En devenant Reine, j'ai cessé d'être la proie des autres, de laisser la place à leurs exigences et leur velléités, mais je suis devenue inaccessible. Et cela m'isole...Peut-être devrais-je abdiquer? Devenir une femme normale, contemporaine, simple, m'inscrire dans le temps et l'espace?
Plutôt qu'être seule dans mon château et d'y moisir...
Je pense que je vais faire une fête de la nouvelle année...et je vais continuer à réfléchir.
jeudi 9 octobre 2008
Polaroid
Satan court après plein de poulets. Il s'amuse ferme. Pas de pièce de théâtre pour l'instant, des rêves, des idées et des poulets.
Terese a rencontré les journalistes. Elle s'est fait faire une photo dans son bureau, souriante et affairée. Un peu femme d'affaire des années 50, dans son empire. Elle Projette des profits records.
Jean Courtemanche: revient de la pêche.
Anselme devient propre et se pratique à faire des boucles.
Adrianna arrive a une maturité qu'elle ne croyait pas possible. Son art lui apparait avec clarté et puissance.
Princesse Amour regarde l'océan. Elle s'est durcie. Elle regarde à l'arrière et sur la table sa couronne de Reine git.
Louis-Michel danse dans l'espace et réalise le rêve fou de Saint-Denys Garneau.
20 degré celsius. Brise marine. Soleil.
Terese a rencontré les journalistes. Elle s'est fait faire une photo dans son bureau, souriante et affairée. Un peu femme d'affaire des années 50, dans son empire. Elle Projette des profits records.
Jean Courtemanche: revient de la pêche.
Anselme devient propre et se pratique à faire des boucles.
Adrianna arrive a une maturité qu'elle ne croyait pas possible. Son art lui apparait avec clarté et puissance.
Princesse Amour regarde l'océan. Elle s'est durcie. Elle regarde à l'arrière et sur la table sa couronne de Reine git.
Louis-Michel danse dans l'espace et réalise le rêve fou de Saint-Denys Garneau.
20 degré celsius. Brise marine. Soleil.
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lundi 6 octobre 2008
Une princesse vieillie, mais lucide
Princesse Amour se regarde dans le miroir. Elle a quelques rides et un regard plus acéré. D'innombrables prétendants se sont succédés en audience privée et personne n'en est reparti avec son coeur sous la cape.
Elle se regarde dans le miroir, sans doute un peu fatiguée et durcie. Elle se connaît maintenant, elle et ses envolées fracassantes. Très haut et puis, FLOUC...elle s'écrase par terre. Comme un goéland en indigestion de frites.
Ses pages lui ont ramené la rumeur que le Marquis de l'O. s'approchait de ses terres et qu'on prévoyait une chasse où des entretiens secrets auraient lieu. Princesse se prépare et on ne lui a jamais connu un regard aussi déterminé. Elle se sourit, car elle se sait devenir Reine. Pour le meilleur et pour le pire.
Parlons, négocions et l'on verra.
Elle se regarde dans le miroir, sans doute un peu fatiguée et durcie. Elle se connaît maintenant, elle et ses envolées fracassantes. Très haut et puis, FLOUC...elle s'écrase par terre. Comme un goéland en indigestion de frites.
Ses pages lui ont ramené la rumeur que le Marquis de l'O. s'approchait de ses terres et qu'on prévoyait une chasse où des entretiens secrets auraient lieu. Princesse se prépare et on ne lui a jamais connu un regard aussi déterminé. Elle se sourit, car elle se sait devenir Reine. Pour le meilleur et pour le pire.
Parlons, négocions et l'on verra.
mercredi 30 avril 2008
Muhammad interrogé
Dans le sous-sol de la Chapelle, Terese et Brahma sont assis derrière une table. Devant eux se dresse une lumière vive qui aveugle le prisonnier ligoté à sa chaise. C'est Muhammad Douth, le terroriste qui est ainsi séquestré. Son lance-missile portatif à côté de lui. Terese porte les bottes de cavalière de suède beige et tient sa cravache à la main.
Muhammad porte les lunettes fumées et un turban blanc un peu mal fait; blanc, sans être immaculé. Sa colère irradie tels des charbons rougeoyants. On ne voit pas ses yeux derrière ses lunettes, mais on sent bien que son regard perce le verre et les âmes.
À l'arrière Princesse Amour recopie les entretiens et doit donner les premiers soins si jamais Terese cravachait trop fort. En voici le transcript:
T: Qui êtes-vous?
M: Je suis l'envoyé de l'Unique.
B: Qu'êtes-vous venus faire ici?
M: Chercher le vrai, purifier!
Terese vient pour le cravacher, mais Brahma lui fait un bref signe de tête exprimant la négative.
B: D'où venez-vous?
M: (Le prévenu semble déstabilisé) Euh, de loin.
B: Mais de où précisément.
M: (Il semble égaré) Je ne sais plus. Ça fait bien longtemps que je suis parti d'où je viens...
B: Depuis combien de temps?
M: (Son égarement perdure). Je ne sais plus, longtemps. J'ai perdu le fil au cours du temps.
B: Alors, si je comprends bien vous êtes partis il y a longtemps d'un endroit lointain avec comme mission de chercher le vrai.
M: Oui, c'est cela!
B: Qui vous a donné cette mission?
M: Je ne sais plus, ma communauté, moi-même, des gens influents.
B: Vous vous êtes mis en quête pour trouver le vrai?
M: Oui!
B: Et qu'est-il arrivé ensuite?
M: Je ne sais plus, j'ai marché longuement. Et je cherchais le vrai, puis je ne le trouvais pas et je poursuivais ma route. Je me suis fatigué à force de le chercher. Ensuite, je me suis mis à douter: vais-je le trouver, où est-il, vais-je être capable de le trouver? Et je suis devenu triste parce que j'étais seul dans ma quête, et là je me suis perdu, je ne trouvais plus mon chemin et la seule possibilité était de continuer à aller en avant. Mais mes questions m'ont suivi et je suis devenu très fâché. Et puis, j'ai rencontré ce fourbe chinois et nous avons pris un navire ensemble, vous nous avez capturé et je suis ici.
T: Voulez-vous nous détruire
M: OUI! Je n'ai malheureusement plus de missile dans mon lance-missile alors j'utilise mon verbe en instillant le doute en vous en vue de vous faire exploser du dedans!
(Bruit de cravache)
B: Mais qu'y gagnerez-vous?
M: (Il soupire) Et bien, je pourrais peut-être me débarrasser de mon propre doute, de ma colère, de ma tristesse.
B: Pensez-vous?
M: Non.
B: De quoi avez-vous besoin? (Terese soupire)
M: Moi?
B: Oui, vous?
M; Sans doute, de repos, du même endroit pendant un temps, de voir la mer, d'enlever mon turban et de faire guérir mes yeux.
(Il ôta ses lunettes et derrière on vit des yeux voilés, aveugles)
Vous voyez, je ne vois plus. Je ne sais plus trouver ce qui est vrai. Il ne me reste que mes questions.
(Des yeux opaques jaillissent des larmes. Il baisse la tête).
Tous restèrent silencieux, tristes et dépités.
La princesse, Terese et Brahma chuchotèrent ensemble pendant un moment. Et puis Terese prit la parole, Brahma se tenant à côté d'elle:
Voici notre verdict: nous allons confisquer votre lance-missile, nous vous logerons au frais des îliens contre de menus travaux de jardinage, vous aurez une chambre qui donne sur la mer et vous serez interdit de question pour les 6 prochains mois. En échange de cela, nous vous fournirons un chien pour vous guider et nous tenterons de guérir votre cécité. Sinon, nous vous jetterons à la mer après vous avoir cravacher de tout mon saoul.
Elle asséna un violent coup sur la table faisant voler en éclat l'ampoule qui illuminait la scène. Elle tourna les talons et quitta la salle avec furie.
M: Elle est souvent comme ça?
B: Souvent.
Muhammad porte les lunettes fumées et un turban blanc un peu mal fait; blanc, sans être immaculé. Sa colère irradie tels des charbons rougeoyants. On ne voit pas ses yeux derrière ses lunettes, mais on sent bien que son regard perce le verre et les âmes.
À l'arrière Princesse Amour recopie les entretiens et doit donner les premiers soins si jamais Terese cravachait trop fort. En voici le transcript:
T: Qui êtes-vous?
M: Je suis l'envoyé de l'Unique.
B: Qu'êtes-vous venus faire ici?
M: Chercher le vrai, purifier!
Terese vient pour le cravacher, mais Brahma lui fait un bref signe de tête exprimant la négative.
B: D'où venez-vous?
M: (Le prévenu semble déstabilisé) Euh, de loin.
B: Mais de où précisément.
M: (Il semble égaré) Je ne sais plus. Ça fait bien longtemps que je suis parti d'où je viens...
B: Depuis combien de temps?
M: (Son égarement perdure). Je ne sais plus, longtemps. J'ai perdu le fil au cours du temps.
B: Alors, si je comprends bien vous êtes partis il y a longtemps d'un endroit lointain avec comme mission de chercher le vrai.
M: Oui, c'est cela!
B: Qui vous a donné cette mission?
M: Je ne sais plus, ma communauté, moi-même, des gens influents.
B: Vous vous êtes mis en quête pour trouver le vrai?
M: Oui!
B: Et qu'est-il arrivé ensuite?
M: Je ne sais plus, j'ai marché longuement. Et je cherchais le vrai, puis je ne le trouvais pas et je poursuivais ma route. Je me suis fatigué à force de le chercher. Ensuite, je me suis mis à douter: vais-je le trouver, où est-il, vais-je être capable de le trouver? Et je suis devenu triste parce que j'étais seul dans ma quête, et là je me suis perdu, je ne trouvais plus mon chemin et la seule possibilité était de continuer à aller en avant. Mais mes questions m'ont suivi et je suis devenu très fâché. Et puis, j'ai rencontré ce fourbe chinois et nous avons pris un navire ensemble, vous nous avez capturé et je suis ici.
T: Voulez-vous nous détruire
M: OUI! Je n'ai malheureusement plus de missile dans mon lance-missile alors j'utilise mon verbe en instillant le doute en vous en vue de vous faire exploser du dedans!
(Bruit de cravache)
B: Mais qu'y gagnerez-vous?
M: (Il soupire) Et bien, je pourrais peut-être me débarrasser de mon propre doute, de ma colère, de ma tristesse.
B: Pensez-vous?
M: Non.
B: De quoi avez-vous besoin? (Terese soupire)
M: Moi?
B: Oui, vous?
M; Sans doute, de repos, du même endroit pendant un temps, de voir la mer, d'enlever mon turban et de faire guérir mes yeux.
(Il ôta ses lunettes et derrière on vit des yeux voilés, aveugles)
Vous voyez, je ne vois plus. Je ne sais plus trouver ce qui est vrai. Il ne me reste que mes questions.
(Des yeux opaques jaillissent des larmes. Il baisse la tête).
Tous restèrent silencieux, tristes et dépités.
La princesse, Terese et Brahma chuchotèrent ensemble pendant un moment. Et puis Terese prit la parole, Brahma se tenant à côté d'elle:
Voici notre verdict: nous allons confisquer votre lance-missile, nous vous logerons au frais des îliens contre de menus travaux de jardinage, vous aurez une chambre qui donne sur la mer et vous serez interdit de question pour les 6 prochains mois. En échange de cela, nous vous fournirons un chien pour vous guider et nous tenterons de guérir votre cécité. Sinon, nous vous jetterons à la mer après vous avoir cravacher de tout mon saoul.
Elle asséna un violent coup sur la table faisant voler en éclat l'ampoule qui illuminait la scène. Elle tourna les talons et quitta la salle avec furie.
M: Elle est souvent comme ça?
B: Souvent.
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jeudi 17 avril 2008
Un polaroid
Satan se promène sur l'île. Il regarde ce qui l'entoure, fait peur aux oiseaux, salue les passants, regarde les détails dans la Chapelle. Des fois, il prend des poses et joue un personnage. Il se raconte des histoires et les habite. Il aimerait bien voyager et visiter de nouveaux lieux. Il met des fois son débardeur bleu pour se pratiquer à parler, il l'ajuste dans un miroir et regarde quel air ça lui fait. Je ne sais pas s'il s'ennuie, mais il cherche quelque chose à faire. Satan est beaucoup plus heureux depuis quelques années, il s'émancipe et prend de l'aise. Étonnement, les gens l'aiment beaucoup, parce qu'il est entier et drôle.
La princesse a un peu engraissé et s'ennuie officiellement. Elle n'a pas trouvé le souverain de son coeur, quelqu'un avec qui faire des enfants, quelqu'un à aimer, une voie dans laquelle s'inscrire. Elle se demande si Gontran le chevalier pourrait être sa moitié, mais rien ne surgit.
Terese s'occupe des comptes et ne se soucit pas trop. Elle attend le moment propice pour capitaliser et investir, mais aucun investisseur ne s'est encore présenté. Elle est patiente et attentive.
Jean courtemanche se donne pleinement aux modèles miniatures, sous l'oeil bienveillant et indifférent de son épouse Réjeanne.
Louis-Michel se lime les ongles et écrit sa biographie. Il s'est acheté un ensemble Prada en lin et le regarde plusieurs fois par jour.
Adrianna Gourd a des gaz. Elle n'est pas trop en forme ces derniers temps et prend des médicaments naturels, surnaturels et pharmaceutiques.
Brahma Ménard médite et doute des ses convictions: l'ordinaire, quoi.
Et moi? Moi, je me questionne et je me demande quelle direction prendre. J'arrive à trouver les questions intéressantes, des fois encombrantes, toujours trop présentes. C'est fou comme on se répète. Nous sommes des répétitions variées d'une même histoire. Bien que ce soit la même histoire, on la trouve intéressante et effrayante.
La princesse a un peu engraissé et s'ennuie officiellement. Elle n'a pas trouvé le souverain de son coeur, quelqu'un avec qui faire des enfants, quelqu'un à aimer, une voie dans laquelle s'inscrire. Elle se demande si Gontran le chevalier pourrait être sa moitié, mais rien ne surgit.
Terese s'occupe des comptes et ne se soucit pas trop. Elle attend le moment propice pour capitaliser et investir, mais aucun investisseur ne s'est encore présenté. Elle est patiente et attentive.
Jean courtemanche se donne pleinement aux modèles miniatures, sous l'oeil bienveillant et indifférent de son épouse Réjeanne.
Louis-Michel se lime les ongles et écrit sa biographie. Il s'est acheté un ensemble Prada en lin et le regarde plusieurs fois par jour.
Adrianna Gourd a des gaz. Elle n'est pas trop en forme ces derniers temps et prend des médicaments naturels, surnaturels et pharmaceutiques.
Brahma Ménard médite et doute des ses convictions: l'ordinaire, quoi.
Et moi? Moi, je me questionne et je me demande quelle direction prendre. J'arrive à trouver les questions intéressantes, des fois encombrantes, toujours trop présentes. C'est fou comme on se répète. Nous sommes des répétitions variées d'une même histoire. Bien que ce soit la même histoire, on la trouve intéressante et effrayante.
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jeudi 24 janvier 2008
La mort du roi
En fait...personne n'avait su comprendre assez tôt. Tous les habitants de l'île s'étaient réunis dans la petite chapelle autour du roi qui gisait sur l'autel. Personne ne savait que faire de ce monarque possédé du mal. Ils avaient convenu que le meilleur traitement eût été un exorcisme, mais personne de l'île n'était habileté à le faire. Aucun prêtre n'y habitait (bien que l'île possédât une chapelle, un presbytère flou et une cathédrale en construction) et n'y officiait. Personne ne désirait non plus la venue d'un ecclésiastique dans l'île, trop heureux et fiers de leur indépendance d'esprit. Chacun y alla de son mot sur le roi.
Terese Von Wartburg: Il n'a su accomplir toute sa richesse et sa grandeur.
Satan Brossard (qu'on avait couvert, tel un spectre de pacotille, d'un voile blanc pour pénétrer dans la chapelle) : C'était un homme bon, injustement possédé par le mal.
Gontran, chevalier: C'était mon roi.
Princesse: (à part elle) Il m'avait été promis...
Jean Courtemanche, entrepreneur: Tant de projets, et sans descendance. Je suis triste pour le roi.
Ils se regardèrent tous dans les bancs de la Chapelle et comprirent qu'ils n'étaient pas réunis autour du roi pour trouver un remède à son mal, mais pour faire son oraison funèbre et assister à sa mort. Ils joignirent les mains et le silence du deuil emplit la chapelle. Après un moment, chacun sortit à son gré.
Seul Brahma Ménard était resté dans un coin, silencieux et attentif.
Plusieurs minutes passèrent, l'air était chargé d'un épais silence, un silence de velours dans lequel on se frotte et se prélasse. Brahma se leva et se dirigea vers le monarque assoupi. En effet, bien que les habitants de l'île avait conclu à sa mort, son corps, lui, vivait toujours. Il s'approcha de l'autel et contempla le monarque dans sa noblesse et sa majesté.
Il s'agenouilla près de lui et lui murmura; majesté, maintenant, réveillez-vous, vous devez libérer votre coeur avant de nous quitter. Il toucha son épaule et le roi ouvrit les yeux et tourna la tête. Il tendit la main vers la figure de Brahma.
"Brahma, en vain j'ai tenté d'exister. J'aurais voulu que ma grandeur s'accomplisse, j'aurais voulu régner et que ma bonté s'épanouisse. Mais ce ne sera pas. Je suis attendu ailleurs et mon mal sera ma mort. En exil, je suis parti et pour mourir, je suis de retour. Ni ici, ni ailleurs est mon royaume: je n'ai rien sur quoi régner. Voilà ma fin. Je suis un roi sec, un roi sans descendance et pour cela je dois mourir. Je dois partir pour laisser la place à ce qui est et cesser de prendre la place de ce qui devrait être et ne sera pas."
Il s'approcha de moi et me baisa sur la joue, raconta Brahma. Je sentis sa grandeur et son amour me pénétrer. Je lui dis: Majesté, votre grandeur, votre amour et votre souvenir vivront à travers nous.
Il regarda le plafond de vitrail au-dessus de l'autel et son regard s'illumina, attiré par la danse des couleurs et le chatoiement des tons. Il dit: Qu'il en soit ainsi.
Ses paupières se fermèrent et son existence entama son decrescendo tranquille. Une note d'orgue vibra et un enfant entama de longues volutes cristallines, mélismes intriqués qui accompagna l'âme du défunt dans l'au-delà.
Tel fut la fin de notre roi.
L'île la pleure.
Amen.
Terese Von Wartburg: Il n'a su accomplir toute sa richesse et sa grandeur.
Satan Brossard (qu'on avait couvert, tel un spectre de pacotille, d'un voile blanc pour pénétrer dans la chapelle) : C'était un homme bon, injustement possédé par le mal.
Gontran, chevalier: C'était mon roi.
Princesse: (à part elle) Il m'avait été promis...
Jean Courtemanche, entrepreneur: Tant de projets, et sans descendance. Je suis triste pour le roi.
Ils se regardèrent tous dans les bancs de la Chapelle et comprirent qu'ils n'étaient pas réunis autour du roi pour trouver un remède à son mal, mais pour faire son oraison funèbre et assister à sa mort. Ils joignirent les mains et le silence du deuil emplit la chapelle. Après un moment, chacun sortit à son gré.
Seul Brahma Ménard était resté dans un coin, silencieux et attentif.
Plusieurs minutes passèrent, l'air était chargé d'un épais silence, un silence de velours dans lequel on se frotte et se prélasse. Brahma se leva et se dirigea vers le monarque assoupi. En effet, bien que les habitants de l'île avait conclu à sa mort, son corps, lui, vivait toujours. Il s'approcha de l'autel et contempla le monarque dans sa noblesse et sa majesté.
Il s'agenouilla près de lui et lui murmura; majesté, maintenant, réveillez-vous, vous devez libérer votre coeur avant de nous quitter. Il toucha son épaule et le roi ouvrit les yeux et tourna la tête. Il tendit la main vers la figure de Brahma.
"Brahma, en vain j'ai tenté d'exister. J'aurais voulu que ma grandeur s'accomplisse, j'aurais voulu régner et que ma bonté s'épanouisse. Mais ce ne sera pas. Je suis attendu ailleurs et mon mal sera ma mort. En exil, je suis parti et pour mourir, je suis de retour. Ni ici, ni ailleurs est mon royaume: je n'ai rien sur quoi régner. Voilà ma fin. Je suis un roi sec, un roi sans descendance et pour cela je dois mourir. Je dois partir pour laisser la place à ce qui est et cesser de prendre la place de ce qui devrait être et ne sera pas."
Il s'approcha de moi et me baisa sur la joue, raconta Brahma. Je sentis sa grandeur et son amour me pénétrer. Je lui dis: Majesté, votre grandeur, votre amour et votre souvenir vivront à travers nous.
Il regarda le plafond de vitrail au-dessus de l'autel et son regard s'illumina, attiré par la danse des couleurs et le chatoiement des tons. Il dit: Qu'il en soit ainsi.
Ses paupières se fermèrent et son existence entama son decrescendo tranquille. Une note d'orgue vibra et un enfant entama de longues volutes cristallines, mélismes intriqués qui accompagna l'âme du défunt dans l'au-delà.
Tel fut la fin de notre roi.
L'île la pleure.
Amen.
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