dimanche 23 mai 2010

Le cercle des nobilettes.

Princesse Amour, Reine Amertume et Béatrice la Boulangère sont réunies dans une salle du château. Elles sont au rouet et l'atmosphère est à son comble. On rit, on tisse et on parle. Les trois femmes qui cherchaient mari avec obstination et sans résultat un jour se rencontrèrent pour en parler: c'est ainsi que naquirent ces rencontres de tissage.

Princesse Amour avait cuisiné un mont-Blanc, Reine Amertume des carrés aux dattes et Béatrice la boulangère une magnifique couronne avec de la confiture de cerises de terre. La joie d'être ensemble portait leurs journées et la conscience de ne pas être seules les avaient apaisées.

Princesse Amour se leva de son rouet et se mit à tourner sur elle-même faisant voleter sa belle robe de tulle blanc. Elle arrêta son tournoiement pour empoigner un balai et se mettre à chanter une chanson de swing. Les deux autres se mirent à rire, pliées en deux de voir leur amie faire son numéro de chant. Mais celle-ci ne désemparait pas et continuait. La Reine et la Boulangère reprirent le rouet en accompagnant la princesse en chantant elles aussi. Elles se trouvèrent excellentes.

Béatrice, une fois la chanson finie, dit à la ronde: "on devrait se partir un groupe: les nobilettes. On pourrait chanter ensemble durant les fêtes et les réceptions."

C'est ainsi que les rencontres de tissage devinrent des moments d'études et de pratique autour de la musique de plusieurs époques. La musique contribuait à faire de leur vie et de leur amitié un moment riche où pour un court moment qui débordait sur le reste de leur existence la joie et la bonne humeur régnait en maître.

La transmutation du chant

C'est arrivé ainsi:

Adrianna Gourd répétait dans son studio avec Henri, son fidèle pianiste. Elle interprétait une longue mélodie de Richard Strauss. Ils répétaient depuis une heure quand Adrianna eut un hoquet des plus impromptus et des moins élégants: le pianiste cessa derechef son accompagnement. Elle eut l'air très étonnée, regarda vers le ciel, leva tranquillement la main, inspira et se mit à produire un grondement sourd qui s'amplifia en un long glissando ascendant agité d'un vibrato frénétique. La fréquence ne cessait de monter et les murs et les fondations de la maison se mirent à trembler en sympathie avec son vibrato. Toute l'île cessa de vaquer sous l'emprise du long chant d'Adrianna. On retint son souffle et on regarda dans la direction de sa maison qui commençait à s'effondrer. La montée vers l'aigu s'accéléra ensuite et la voix se brisa en mille éclats de son qui semblaient tomber, telle une pluie fine sur l'île. À ce même moment, la maison fut pulvérisée en un nuage de poussière blanche duquel s'échappa une corneille.

Puis le silence vint. Et il n'y avait que la poussière de la maison détruite qui s'estompait peu à peu du ciel insulaire.

lundi 3 mai 2010

La question de TwV

Terese contemple son île. Elle voit avec satisfaction la propreté des rues et l'ordre régner.
Tout cela est beau et satisfaisant.
Mais une question la taraude.
Quelle est la prochaine étape?

dimanche 3 janvier 2010

Bilan du C.A.-2009

Dans la grande salle des glaces -nouvellement inaugurée-, les rires et bruissements se faisaient ouïr parfois en fracas, en tintement, en explosion et parfois doucement. Tous avaient leur verre de Veuve coquelicot et un sourire accroché à leur lèvres. TvW passait de convive en convive récoltant félicitations et remerciements. Avec elle, une cascade de velours moiré et d'organdi perlé se propageait.

Après avoir salué tout le monde et offert des bons mots à tous, TvW se plaça à son siège derrière la table qui ceignait 3 murs de la riche pièce. Elle tinta délicatement sur son verre, et de cette coupe ciselée retentit, chatoyant, un vif argent sonore qui se logea dans l'oreille de chaque convive pour leur imposer un silence attentif.

TvW: Chers amis, dit-elle en regardant à la ronde. C'est avec un plaisir manifeste que nous nous réunissons à cette table, nous de l'île et nos plus chers invités, pour clore cette magnifique année.
Prenez place, je ferai une courte allocution!

Je voudrais tout d'abord remercier tous les habitants de l'Île pour leurs magnifiques talents et leur sens de l'Initiative. Je crois que nous formons un magnifique pays. Je voudrais aussi les remercier de leur confiance. Je crois ne pas vous avoir déçu (les convives se regardent en souriant et en hochant la tête)!

Suite à la demande des îliens de poursuivre mon engagement comme Présidente du C.A., je tiens à répondre un oui enthousiaste à cette invitation qui me passionne!

Je crois que nous devons continuer dans la même veine: augmenter notre territoire et nos infrastructures et multiplier nos contacts avec l'extérieur. Viser à attirer plus d'investissements et entreprendre des actions innovatrices et ambitieuses.

Il est important de cultiver la qualité de nos réalisations, de devenir encore meilleur dans ce que nous faisons. Je souhaite mettre de l'avant les réalisations de Satan Brossard qui commence à publier ses oeuvres (Satan dans un superbe costume, lui lève son verre et lui fait un clin d'oeil), celles de Adriana Gourd, artiste internationalement reconnue. Je souhaite aussi à remercier l'expérience de notre Jean Courtemanche, Sénateur émérite et l'apport de sagesse inestimable de Brahma Ménard qui maintient nos institutions dans le droit chemin.

Un mot aussi pour souligner la création du cercle des boulangères, composé par Princesse Amour, Reine Amertume et leur soeur Béatrice, la boulangère. Elles ont animé leur vie sociale et la nôtre. Magnifique.

Un dernier remerciement à Jésus, au Brisbane II, à mon chat Mofa, à Mohammed Douth, en retraite d'étude en ce moment, à Gontran et bien sûr à Anselme, toujours à l'étranger.

C'est le moment de fêter, car demain, ce sont de nouvelles entreprises passionnantes qui nous attendent!

Merci et Bonne année!

Mille hourras scandèrent et des serveurs entrèrent avec les mets les plus fins en quantité extravagante.

samedi 21 novembre 2009

L'espace domestique

Il règne un silence de vapeur d'eau dans la maison. Une lumière qui monte emplit les pièces et nous sommes heureux d'y respirer. Les hommes nus qui couraient sans cesse près de la maison sont disparus et restent encore en cercle les traces de leur passage. Vestiges érotiques caduques et tombants. L'herbe emplit peu à peu l'espace qu'ils occupaient de leur poursuite, de calme et de vie. Une vie vraie qui monte, qui veut, qui se dirige vers le ciel, et fondamentalement vers nulle part, car la vie n'a pas une direction précise autre que le seul vouloir de se diriger. Je respire dans ma maison et je regarde la fenêtre. Je la regarde, elle. Je regarde le verre qui nous donne la possibilité de le traverser, de le pénétrer et d'avoir accès à ce qui est en arrière. Je regarde la table, le bois, marqué des ciseaux, des coups, de l'usure, de ma maladresse, d'une bougie et marqué de lui-même, de ses failles, son grain, ses lignes pétrifiées.

Je pense à Milan. La nuit noire, les lumières dans le froid, un peu de peur, Noël autrement, une boîte de Jazz, le froid, une lumière moite. Avoir peur de tout cela à sentir et à endiguer. L'odeur des marrons qui grillent au petit matin, les décorations de Noël et l'atmosphère si différente de la fête. Les pigeons qui roucoulent et l'odeur de sexe des figuiers et du buis. Et au bout de la rue, les Alpes.

Je reviens dans ma maison dans les landes, dans la plaine. J'y suis bien. Le jour est calme, L'air humide et froid, la torpeur paresseuse de photons luttant contre le brouillard et qui, douillets, finissent par s'y plaire et même s'y établir.

dimanche 20 septembre 2009

Anselme

Faire part:

Anselme l'ogre, devenu l'ado et ensuite le voyageur et Birgit Wend ont l'honneur de vous inviter à leur mariage dans l'Église Catholique de Hof.

Des rafraîchissements seront servis.

jeudi 17 septembre 2009

Soleil sur l'île

Nous voyons l'île d'un peu loin et d'un peu haut. Avec une caméra. On y voit une chapelle, une cathédrale devenue un théâtre, des gens qui bougent, un bout de château, un grand bâtiment qui est un hôpital, un faste manoir qui abrite les bureaux de Terese et aussi des routes sur lesquelles se promènent des automobiles. Un parc grand et magnifique est en construction à l'ouest de la Chapelle où l'on pourra se promener les dimanches ou quand l'envie nous en prendra.

Ce qui est le plus notable, c'est le soleil qui darde l'île de ses rayons faisant reluire pavés, toitures, vitraux, pare-brise, montres-bracelet et éclats de verre. Il y a des gens qui bougent, de la vie, de l'espoir.

On prend une photo, on l'accroche sur le babillard. Une pomme tombe d'un arbre, on la ramasse, on la mange. Soleil sur l'île. That's it.