Anselme fait des exercices physiques chaque matin qu'il a appris de Gontran. Il est devenu très massif et a perdu presque toute la graisse qui le recouvrait. Il a aussi une assurance incroyable. Il ne me parle presque plus: il fait des choses. Il est très musclé, a un regard d'acier. C'est une transformation complète. Il s'exerce.
Il fait aussi des vocalises en se regardant dans le miroir. En fait...il ne veut plus trop de mon attention parce qu'il peut se prolonger dans le regard d'autres personnes, apprendre autres choses. Il veut seulement que je suive de loin ses exploits et que je me réjouisse de ses progrès. Mais il ne le fait pas pour moi. Il est en expansion.
Voilà!
vendredi 21 novembre 2008
lundi 3 novembre 2008
Brisbane II Gold
Toujours à l'ancre dans la mer des Caraïbes le Brisbane II a maintenant un pont en or. C'est plutôt glissant et de mauvais goût, mais le propriétaire (un riche armateur grec) a décidé de sauver de l'impôt en dotant le Brisbane d'un pont en or. Il se passe très peu de choses. Le soleil, les vaguelettes, les poissons, les BBQ, les orgies; l'habituel, quoi.
Des fois, je me demande si c'est bien intéressant tout cela. Je pense à ces moments où je pêchais des joyaux dans la mer agitée et que je remplissais mes coffres de pierreries insensées. Mais j'ai été si fatigué et j'ai eu si peur dans la mer en furie avec ma coquille de noix, craignant d'être englouti par les flots furieux et d'y perdre ma vie et mon bateau.
Oui, je suis calme dans la mer des caraïbes et il y a si peu de choses à faire. C'est relaxant. Mais je sais que je ne resterai pas là, éternellement. Telle n'est pas ma nature. Je me prépare quelques expéditions rien de trop fou. Mais j'ai des plans...aller à la découverte, partir à l'aventure.
En attendant, frottons le pont doré du Brisbane II et sourions.
Des fois, je me demande si c'est bien intéressant tout cela. Je pense à ces moments où je pêchais des joyaux dans la mer agitée et que je remplissais mes coffres de pierreries insensées. Mais j'ai été si fatigué et j'ai eu si peur dans la mer en furie avec ma coquille de noix, craignant d'être englouti par les flots furieux et d'y perdre ma vie et mon bateau.
Oui, je suis calme dans la mer des caraïbes et il y a si peu de choses à faire. C'est relaxant. Mais je sais que je ne resterai pas là, éternellement. Telle n'est pas ma nature. Je me prépare quelques expéditions rien de trop fou. Mais j'ai des plans...aller à la découverte, partir à l'aventure.
En attendant, frottons le pont doré du Brisbane II et sourions.
Anselme rencontre
Il se promène avec son panier de victuailles et gambade sur l'île arrêtant les passants.
Satan continue à avoir peur de lui. Terese lui a donné un oeillet et lui a demandé gentiment de sortir de son bureau. Gontran a essayé de lui montrer de tirer à l'arc, mais il a eu peur et s'est esquivé en souriant. Brahma lui a montré à respirer pour être plus calme, Muhammad l'a amené au bord de la mer pour discuter du paysage et de l'air marin.
Autrement, c'est Adrianna Gourd qui l'a pris sous son aile. Elle lui donne des cours de chant. Elle sait qu'il est ténor et elle pressent une grande voix. Grande sensibilité, grande puissance, mais pas encore prêt. Il chante soprano et a une magnifique voix. Mais un jour ça prendra des couilles. Elle l'y amènera.
Satan continue à avoir peur de lui. Terese lui a donné un oeillet et lui a demandé gentiment de sortir de son bureau. Gontran a essayé de lui montrer de tirer à l'arc, mais il a eu peur et s'est esquivé en souriant. Brahma lui a montré à respirer pour être plus calme, Muhammad l'a amené au bord de la mer pour discuter du paysage et de l'air marin.
Autrement, c'est Adrianna Gourd qui l'a pris sous son aile. Elle lui donne des cours de chant. Elle sait qu'il est ténor et elle pressent une grande voix. Grande sensibilité, grande puissance, mais pas encore prêt. Il chante soprano et a une magnifique voix. Mais un jour ça prendra des couilles. Elle l'y amènera.
mercredi 29 octobre 2008
Généalogie d'Anselme
Une nuit vraiment noire, une femme voilée vint sur l'île (certains disent la princesse, d'autres Terese, ou encore une inconnue) un panier sous le bras et un enfant braillant dedans. Elle passa comme un spectre, un ombre évoluant dans la pénombre. Tous se turent, terrés dans leur maison feignant le sommeil, complice silencieux de l'abandon. La femme pénétra dans la Chapelle et alla abandonner l'enfant dans les sous-sols de la bâtisse, laissant l'enfant là pour mort. Pendant toutes ces années, chacun des habitants de l'île se relaya pour subvenir aux besoins vitaux de l'enfant. Mais cette entente était tacite et personne ne prit véritablement la charge de l'enfant. Pourquoi une telle honte autour de cet enfant, une honte venue de la mère même et poursuivie par les îlois? Quelles étaient les circonstances qui avaient présidé à sa conception?
Anselme grandit alors seul, enfant bénificiant du peu d'attention et d'amour qu'on lui offrait, déprimant dans son trou, nourrit à la honte qu'on éprouvait de lui. Fixant le mince rayon de lumière qui lui parvenait du soupirail.
Comment enfin survit-il? Enfin, c'est une question à laquelle je n'ai pas de réponse.
Lorsqu'Anselme sortit enfin à l'air libre, la grand conspiration se dégonfla et ce fut enfin aux acteurs de sa contention à ressentir la hont de leurs actes. Tout cela était plutôt étrange, car Anselme ne faisait a proprement parler rien à part être présent. Gazouillant à l'air libre, se roulant dans le gazon, parlant aux passants, chantant, s'adressant aux enfants.
Je sais qu'Anselme voudrait que je m'occupe de lui, que je sois son père, son tuteur aimant et présent, mais je ne suis pas encore capable. Je le trouve répugnant, gras, bavant, manquant de civilisation, trop aimant, débordant de lui-même. Mais je sais que ça le détruit, ça le fait devenir fou et que sans moi, il restera éternellement à la cave où il a grandi et moisi.
J'ai peur qu'il m'aime trop.
Anselme grandit alors seul, enfant bénificiant du peu d'attention et d'amour qu'on lui offrait, déprimant dans son trou, nourrit à la honte qu'on éprouvait de lui. Fixant le mince rayon de lumière qui lui parvenait du soupirail.
Comment enfin survit-il? Enfin, c'est une question à laquelle je n'ai pas de réponse.
Lorsqu'Anselme sortit enfin à l'air libre, la grand conspiration se dégonfla et ce fut enfin aux acteurs de sa contention à ressentir la hont de leurs actes. Tout cela était plutôt étrange, car Anselme ne faisait a proprement parler rien à part être présent. Gazouillant à l'air libre, se roulant dans le gazon, parlant aux passants, chantant, s'adressant aux enfants.
Je sais qu'Anselme voudrait que je m'occupe de lui, que je sois son père, son tuteur aimant et présent, mais je ne suis pas encore capable. Je le trouve répugnant, gras, bavant, manquant de civilisation, trop aimant, débordant de lui-même. Mais je sais que ça le détruit, ça le fait devenir fou et que sans moi, il restera éternellement à la cave où il a grandi et moisi.
J'ai peur qu'il m'aime trop.
mardi 14 octobre 2008
Anselme est prêt
Je suis descendu à la cave et il était prêt. Ses pantalons bien mis, les lacets lacés, le noeud papillon tout droit et dans sa main un petite boîte à lunch brun-beige, tout ce qu'il y a de plus horrible. Et comme à l'habitude, il me dégoûtait un peu. Un grand bébé de 6'3'' gras et suant. Les cheveux blonds frisés et un air de chien excité et peureux. Rien de bien sympa.
Je lui montrai ses nouveaux crayons et sa plaquette de feuilles pour dessiner. Il les manipula fébrile et trépignant d'un bonheur intense. Il poussait de petits cris d'excitation. Je souriais à la fois heureux et gêné. C'est moche avoir honte de quelqu'un.
Je le regardai et lui demandai: Que fais-tu ainsi au pied de la porte. Il me répondit franchement: nous partons.
Moi: "Et où?"
Anselme: " À l'extérieur"
J'allais riposter, mais je me rendis à l'évidence que je ne pouvais plus faire autrement. Nous montâmes les 1053 marches de la cave et nous nous rendîmes jusqu'à la chapelle. En sortant du réduit, satan nous aperçut et fut profondément surpris:
"Crisse, yé dont ben gros"
Anselme s'approcha et se pencha juste au-dessus de Satan et le couvrit de son ombre. Satan s'effraya et rentra les épaules. Et dit en souriant jaunement: "Ah, mais t'as l'air fort par exemple". Anselme retrouva son sourire habituel et caressa la tête de Satan, ce qui, je le sais, dut le faire profondément chier.
Il prit sa petite boîte à lunch et s'engagea vers la sortie de l'ombre. Il ouvrit la porte de la chapelle et respira un grand coup. Les îlois, réunis pour un discussion sur le plan de réfection de la Cathédrale, restèrent cois. Il souria, lumineux et dit, claironnant " Bonjour!".
C'est ainsi qu'Anselme émergea du monde des limbes.
Je lui montrai ses nouveaux crayons et sa plaquette de feuilles pour dessiner. Il les manipula fébrile et trépignant d'un bonheur intense. Il poussait de petits cris d'excitation. Je souriais à la fois heureux et gêné. C'est moche avoir honte de quelqu'un.
Je le regardai et lui demandai: Que fais-tu ainsi au pied de la porte. Il me répondit franchement: nous partons.
Moi: "Et où?"
Anselme: " À l'extérieur"
J'allais riposter, mais je me rendis à l'évidence que je ne pouvais plus faire autrement. Nous montâmes les 1053 marches de la cave et nous nous rendîmes jusqu'à la chapelle. En sortant du réduit, satan nous aperçut et fut profondément surpris:
"Crisse, yé dont ben gros"
Anselme s'approcha et se pencha juste au-dessus de Satan et le couvrit de son ombre. Satan s'effraya et rentra les épaules. Et dit en souriant jaunement: "Ah, mais t'as l'air fort par exemple". Anselme retrouva son sourire habituel et caressa la tête de Satan, ce qui, je le sais, dut le faire profondément chier.
Il prit sa petite boîte à lunch et s'engagea vers la sortie de l'ombre. Il ouvrit la porte de la chapelle et respira un grand coup. Les îlois, réunis pour un discussion sur le plan de réfection de la Cathédrale, restèrent cois. Il souria, lumineux et dit, claironnant " Bonjour!".
C'est ainsi qu'Anselme émergea du monde des limbes.
samedi 11 octobre 2008
Correspondance du Capricorne
Mon cher ami Brahma,
C'est un penchant de ma personne que de m'intéresser aux faits. J'ai tout comme vous les yeux rivés vers le ciel, mais mon strabisme m'empêche de ne pas voir mes pieds sur le sol. Toutefois, je comprends bien que la réalité dépasse mes yeux et je vous invite par cette missive à spéculer avec moi sur la nature de l'inconnu et de son rapport avec nos vies.
Bien à vous,
Virgile
=======================================================================
Cher Virgile,
Comment allez-vous? Il y a bien longtemps que vous n'êtes pas venus me rendre visite; je vous sais fort occupé avec vos publications et recherches. J'ai en effet les yeux tournés vers le ciel, mais encore bien plus vers l'intérieur. Car pour moi, la nuit étoilée se poursuit en moi. Beaucoup d'espace et un peu de clarté. Quand je regarde les herbes qui poussent dans les craques du trottoir, je ne peux m'empêcher de voir qu'en notre univers, quelque chose veut, la vie veut. Et que cette énergie est forte et fondamentale, que bien des choses nous forcent à l'oublier, mais qu'à la base, elle est là partout. N'est-ce pas fascinant que de voir tout ce que nous avons édifié, les formes magnifiques de la nature, les couleurs qui nous entourent, toutes choses qui émerveillent mon regard. Et pour moi cette chose est claire: une réalité nous dépasse et elle veut, elle est omniprésente et d'une intensité inouïe. Je crois même qu'il est plus sage de ne pas lui donner de nom, car sa présence dépasse largement le langage ( et il est si facile de s'obstiner sur les noms qu'on donne aux choses; de plus lorsqu'on baptise, on nomme, on devient drôlement possessif). Bref, pour moi cela est de l'ordre des faits. Et non pas de la croyance. Je ne peux pas croire au fortuit de l'entreprise.
Cher Virgile, embrassez pour moi celui ou celle que vous aimez et envoyez moi cette délicieuse recette de lentilles toscanes qui fait les délices de ma bouche et le malheur de mon entourage,
Allez en paix,
B.M.
C'est un penchant de ma personne que de m'intéresser aux faits. J'ai tout comme vous les yeux rivés vers le ciel, mais mon strabisme m'empêche de ne pas voir mes pieds sur le sol. Toutefois, je comprends bien que la réalité dépasse mes yeux et je vous invite par cette missive à spéculer avec moi sur la nature de l'inconnu et de son rapport avec nos vies.
Bien à vous,
Virgile
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Cher Virgile,
Comment allez-vous? Il y a bien longtemps que vous n'êtes pas venus me rendre visite; je vous sais fort occupé avec vos publications et recherches. J'ai en effet les yeux tournés vers le ciel, mais encore bien plus vers l'intérieur. Car pour moi, la nuit étoilée se poursuit en moi. Beaucoup d'espace et un peu de clarté. Quand je regarde les herbes qui poussent dans les craques du trottoir, je ne peux m'empêcher de voir qu'en notre univers, quelque chose veut, la vie veut. Et que cette énergie est forte et fondamentale, que bien des choses nous forcent à l'oublier, mais qu'à la base, elle est là partout. N'est-ce pas fascinant que de voir tout ce que nous avons édifié, les formes magnifiques de la nature, les couleurs qui nous entourent, toutes choses qui émerveillent mon regard. Et pour moi cette chose est claire: une réalité nous dépasse et elle veut, elle est omniprésente et d'une intensité inouïe. Je crois même qu'il est plus sage de ne pas lui donner de nom, car sa présence dépasse largement le langage ( et il est si facile de s'obstiner sur les noms qu'on donne aux choses; de plus lorsqu'on baptise, on nomme, on devient drôlement possessif). Bref, pour moi cela est de l'ordre des faits. Et non pas de la croyance. Je ne peux pas croire au fortuit de l'entreprise.
Cher Virgile, embrassez pour moi celui ou celle que vous aimez et envoyez moi cette délicieuse recette de lentilles toscanes qui fait les délices de ma bouche et le malheur de mon entourage,
Allez en paix,
B.M.
jeudi 9 octobre 2008
Polaroid
Satan court après plein de poulets. Il s'amuse ferme. Pas de pièce de théâtre pour l'instant, des rêves, des idées et des poulets.
Terese a rencontré les journalistes. Elle s'est fait faire une photo dans son bureau, souriante et affairée. Un peu femme d'affaire des années 50, dans son empire. Elle Projette des profits records.
Jean Courtemanche: revient de la pêche.
Anselme devient propre et se pratique à faire des boucles.
Adrianna arrive a une maturité qu'elle ne croyait pas possible. Son art lui apparait avec clarté et puissance.
Princesse Amour regarde l'océan. Elle s'est durcie. Elle regarde à l'arrière et sur la table sa couronne de Reine git.
Louis-Michel danse dans l'espace et réalise le rêve fou de Saint-Denys Garneau.
20 degré celsius. Brise marine. Soleil.
Terese a rencontré les journalistes. Elle s'est fait faire une photo dans son bureau, souriante et affairée. Un peu femme d'affaire des années 50, dans son empire. Elle Projette des profits records.
Jean Courtemanche: revient de la pêche.
Anselme devient propre et se pratique à faire des boucles.
Adrianna arrive a une maturité qu'elle ne croyait pas possible. Son art lui apparait avec clarté et puissance.
Princesse Amour regarde l'océan. Elle s'est durcie. Elle regarde à l'arrière et sur la table sa couronne de Reine git.
Louis-Michel danse dans l'espace et réalise le rêve fou de Saint-Denys Garneau.
20 degré celsius. Brise marine. Soleil.
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Jean Courtemanche,
Louis-Michel,
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Satan Brossard,
Terese von Wartburg
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