Il pleut beaucoup, il vente et des fois des fantômes volent dans les airs.
Les îliens se sont regroupés et ils réparent les trous dans la toiture de la cathédrale, de la chapelle et épongent les dégâts dans le bureau de Terese.
C'est particulièrement déplaisant. Le moral n'est pas au plus haut, mais on travaille fort pour la suite des choses.
C'est un moment difficile à passer, mais tout passe et après la pluie, le beau temps!
Bientôt près de chez vous!
dimanche 9 juin 2013
jeudi 25 avril 2013
Un char rouge
Je me suis décidé. J'ai acheté un char rouge.
J'étais tanné de marcher avec mon sac à dos, les jambes douloureuses, de me ramasser dans le milieu de l'océan à nager. J'ai acheté un char. Pour que ce soit plus confortable. Pour aller où je veux.Pour ne pas être pogné sous la pluie, au soleil brûlant, devant un ours.
Mon char rouge a aussi une place. Comme ça Shannon peut venir quand je m'ennuie. Il peut amener aussi son chien bizarre qui fume des cigares.
Le voyage sera plus agréable. Au yable la dépense. Je suis tanné de rusher.
Ce sera tout de même une voiture électrique, car polluer, c'est mal.
dimanche 21 avril 2013
Édit
La nouvelle fut accueillie avec indifférence et soulagement.
Édit:
Le conseil d'administration de l'île décide de terminer le bail de l'ISS. L'ISS a 1 mois pour libérer les lieux et quitter l'île-ou bien se rendre sur un endroit reculé et abandonné de l'île où ils ne seront ni vus ou entendus.
Le conseil d'administration de l'île décide de créer un institut des Beaux-arts qui devra enrichir la vie artistique des îliens et former leurs aptitudes artistiques. Plusieurs départements seront créés (musique instrumentale et vocale, direction d'orchestre, clarinette et musique de chambre, danse, architecture, peinture). Les musiciens y seront très compétents et formés, bien payés. Ce sera un lieu où la beauté, la créativité et la richesse seront nourries et où les productions artistiques seront puissantes et denses.
L'Académie ouverte des Beaux-Arts vient de naître.
-----------------------
Très rapidement, en un chant murmuré, les enfants de l'ISS et son personnel sont sortis sur la pointe de leur pied et en file vers un endroit non-cartographié de l'île (ou sur un navire, qui sait) pour ne plus jamais revenir.
Terese, hors du bâtiment, dit alors: qu'on fasse le nécessaire.
Édit:
Le conseil d'administration de l'île décide de terminer le bail de l'ISS. L'ISS a 1 mois pour libérer les lieux et quitter l'île-ou bien se rendre sur un endroit reculé et abandonné de l'île où ils ne seront ni vus ou entendus.
Le conseil d'administration de l'île décide de créer un institut des Beaux-arts qui devra enrichir la vie artistique des îliens et former leurs aptitudes artistiques. Plusieurs départements seront créés (musique instrumentale et vocale, direction d'orchestre, clarinette et musique de chambre, danse, architecture, peinture). Les musiciens y seront très compétents et formés, bien payés. Ce sera un lieu où la beauté, la créativité et la richesse seront nourries et où les productions artistiques seront puissantes et denses.
L'Académie ouverte des Beaux-Arts vient de naître.
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Très rapidement, en un chant murmuré, les enfants de l'ISS et son personnel sont sortis sur la pointe de leur pied et en file vers un endroit non-cartographié de l'île (ou sur un navire, qui sait) pour ne plus jamais revenir.
Terese, hors du bâtiment, dit alors: qu'on fasse le nécessaire.
lundi 15 avril 2013
La machine à tchoper.
Elle est là. Elle hurle. La machine à tchoper.
Elle circule sur l'île. C'est un moulin avec une face qui hurle. Sur les branches du moulin, un rasoir qui fauche. Elle s'approche des gens en hurlant, elle crie. Elle les terrifie. Ce n'est pas vraiment la critique, mais la méchanceté. L'envie de détruire. L'envie que la vie ne soit pas là. L'envie que les projets n'existent pas. C'est une genre de mécanique qui ne sert qu'à être malheureux. Elle ne finit jamais par attaquer personne parce qu'elle est trop lente et elle se nourrit de la peur des îliens.
Un jour, ils se sont simplement tannés. Ils se sont regroupés pour en parler, puis ils ont pris des outils. La machine à tchopper poursuivait une vieille femme et criait. Ils sont arrivés par derrière et ils ont bloqué ses roues. Le moulin à rasoir de la machine se mit à tourner plus rapidement et le hurlement monta en hauteur et en raucité: aarrraaarrrggggaaaaarrrrrrssssshhhhhhhhssssss.
Puis un des gars prit une barre en fer et la planta entre les pales acérés du moulin. Il ne restait plus que la voix qui montait et montait, stridente. Il y avait aussi ses yeux paralysés qui tentaient de se mouvoir impossiblement.
Un des gars dit alors: laissons là avoir peur un peu elle aussi avant de disparaître pour de bon. Ils commencèrent par les boulons en bronze qui fixaient les 3 roues. 6 boulons de bronze brillant, presque de l'or, qu'ils mirent dans un petit zip-loc à la fermeture rouge. Le ziploc ensuite placé sur un chariot à roulette.
La peur a peur.
Ensuite, les 3 roues et de petits cylindres de métal dans lesquelles s'inséraient des tiges.
3 roues en bois, ronde et ciselées; 3 petits cylindres métalliques; 3 tiges cannelées.
Sur le chariot à roulette.
La voix se tait. Les yeux se fixent.
Ensuite, les gars prennent une bière et le soleil sort des nuages. Ils rient.
Puis, ils s'approchent délicatement des 6 lames acérés qui ceignent l'horrible figure grimaçante de la machine à tchoper. Comme un tournesol d'acier entourant une figure désolée. Ils prennent des pinces, saisissent une extrémité et un des gars plus jeune et moins expérimenté qui use du tournevis pour déloger la lame du cadre en bois. 2 vis par lame. 12 vis.
6 lames, 12 vis. 6 lames attachées par une ficelle. 12 vis dans un ziploc plus petit, aussi avec la fermeture rouge.
Il ne reste que du bois. Et du coton. Il y a deux yeux aussi. Un peu humide. C'est triste.
Il ne reste plus que les deux tiges qui servaient aux roues latérales, puis la tige qui supportait la roue arrière.
Le cadre-son corps-, un cercle-sa tête-, les 6 pales qui soutenaient les lames-son auréole- puis les yeux.
1 tige, 1 vis, 1 tige, 1 vis, 1 tige, 1 vis. 6 pales, 6 vis. Un cercle de bois, le moyeu qui le maintient à la tige principale, une tige, un essieu pour que tout cela tourne.
Et puis, les yeux ont disparu. Psht. Dans l'air pur avec un petit bruit et une senteur de pet très acide-vitriolique. Pling, une cenne noire qui tombe étrangement dans le gazon.
6 boulons de bronze brillant
3 roues en bois, ronde et ciselées; 3 petits cylindres métalliques; 3 tiges cannelées.
6 lames, 12 vis. 6 lames attachées par une ficelle. 12 vis dans un. 1 tige, 1 vis, 1 tige, 1 vis, 1 tige, 1 vis. 6 pales, 6 vis. Un cercle de bois, le moyeu qui le maintient à la tige principale, une tige, un essieu.
Dans des contenants appropriés. Sur un chariot à roulette.
La machine à tchoper est défaite et elle git, rationnellement, en pièces détachées, sur le chariot à roulette.
Étrangement, il n'y a plus de machine seulement, des pièces de bois et de métal. Des objets. Des choses. Inertes.
Je suis arrivé, fatigué, pour parler avec les gars. Toujours fâché d'avoir été poursuivi par une machine.
Mais véritablement, comment être fâché après des boulons, des vis, des lames. Des choses. Fâché de ma peur sans doute.
Je regarde les gars: qu'est-ce qu'on en fait?
J'avais pensé brûler le bois, faire de l'art, l'envoyer sur une barque dans l'océan. Les réutiliser.
Un gars, un peu gros me dit: ben c'est simple. On vend les parties! On va faire queque piasses. Ils mirent tous à dire: ouais! Ouais! bonne idée.
Je me suis mis à rire: bonne idée. T'es en charge le gros.
Elle circule sur l'île. C'est un moulin avec une face qui hurle. Sur les branches du moulin, un rasoir qui fauche. Elle s'approche des gens en hurlant, elle crie. Elle les terrifie. Ce n'est pas vraiment la critique, mais la méchanceté. L'envie de détruire. L'envie que la vie ne soit pas là. L'envie que les projets n'existent pas. C'est une genre de mécanique qui ne sert qu'à être malheureux. Elle ne finit jamais par attaquer personne parce qu'elle est trop lente et elle se nourrit de la peur des îliens.
Un jour, ils se sont simplement tannés. Ils se sont regroupés pour en parler, puis ils ont pris des outils. La machine à tchopper poursuivait une vieille femme et criait. Ils sont arrivés par derrière et ils ont bloqué ses roues. Le moulin à rasoir de la machine se mit à tourner plus rapidement et le hurlement monta en hauteur et en raucité: aarrraaarrrggggaaaaarrrrrrssssshhhhhhhhssssss.
Puis un des gars prit une barre en fer et la planta entre les pales acérés du moulin. Il ne restait plus que la voix qui montait et montait, stridente. Il y avait aussi ses yeux paralysés qui tentaient de se mouvoir impossiblement.
Un des gars dit alors: laissons là avoir peur un peu elle aussi avant de disparaître pour de bon. Ils commencèrent par les boulons en bronze qui fixaient les 3 roues. 6 boulons de bronze brillant, presque de l'or, qu'ils mirent dans un petit zip-loc à la fermeture rouge. Le ziploc ensuite placé sur un chariot à roulette.
La peur a peur.
Ensuite, les 3 roues et de petits cylindres de métal dans lesquelles s'inséraient des tiges.
3 roues en bois, ronde et ciselées; 3 petits cylindres métalliques; 3 tiges cannelées.
Sur le chariot à roulette.
La voix se tait. Les yeux se fixent.
Ensuite, les gars prennent une bière et le soleil sort des nuages. Ils rient.
Puis, ils s'approchent délicatement des 6 lames acérés qui ceignent l'horrible figure grimaçante de la machine à tchoper. Comme un tournesol d'acier entourant une figure désolée. Ils prennent des pinces, saisissent une extrémité et un des gars plus jeune et moins expérimenté qui use du tournevis pour déloger la lame du cadre en bois. 2 vis par lame. 12 vis.
6 lames, 12 vis. 6 lames attachées par une ficelle. 12 vis dans un ziploc plus petit, aussi avec la fermeture rouge.
Il ne reste que du bois. Et du coton. Il y a deux yeux aussi. Un peu humide. C'est triste.
Il ne reste plus que les deux tiges qui servaient aux roues latérales, puis la tige qui supportait la roue arrière.
Le cadre-son corps-, un cercle-sa tête-, les 6 pales qui soutenaient les lames-son auréole- puis les yeux.
1 tige, 1 vis, 1 tige, 1 vis, 1 tige, 1 vis. 6 pales, 6 vis. Un cercle de bois, le moyeu qui le maintient à la tige principale, une tige, un essieu pour que tout cela tourne.
Et puis, les yeux ont disparu. Psht. Dans l'air pur avec un petit bruit et une senteur de pet très acide-vitriolique. Pling, une cenne noire qui tombe étrangement dans le gazon.
6 boulons de bronze brillant
3 roues en bois, ronde et ciselées; 3 petits cylindres métalliques; 3 tiges cannelées.
6 lames, 12 vis. 6 lames attachées par une ficelle. 12 vis dans un. 1 tige, 1 vis, 1 tige, 1 vis, 1 tige, 1 vis. 6 pales, 6 vis. Un cercle de bois, le moyeu qui le maintient à la tige principale, une tige, un essieu.
Dans des contenants appropriés. Sur un chariot à roulette.
La machine à tchoper est défaite et elle git, rationnellement, en pièces détachées, sur le chariot à roulette.
Étrangement, il n'y a plus de machine seulement, des pièces de bois et de métal. Des objets. Des choses. Inertes.
Je suis arrivé, fatigué, pour parler avec les gars. Toujours fâché d'avoir été poursuivi par une machine.
Mais véritablement, comment être fâché après des boulons, des vis, des lames. Des choses. Fâché de ma peur sans doute.
Je regarde les gars: qu'est-ce qu'on en fait?
J'avais pensé brûler le bois, faire de l'art, l'envoyer sur une barque dans l'océan. Les réutiliser.
Un gars, un peu gros me dit: ben c'est simple. On vend les parties! On va faire queque piasses. Ils mirent tous à dire: ouais! Ouais! bonne idée.
Je me suis mis à rire: bonne idée. T'es en charge le gros.
mardi 25 décembre 2012
L'Institut Supérieur de la Sirène.
La nouvelle avait fait grand bruit.
L'ISS avait décidé d'établir ses nouveaux bureaux sur l'île. Après la difficile année qu'avait connu l'île, ce changement était bienvenu et Terese était soulagée de recevoir les énormes capitaux mensuels qu'ils versaient en taxes et en impôts, capitaux qu'ils versaient avec grâce et désinvolture.
Elle avait rencontré avant qu'ils ne s'installent l'Ogresse Baba et la Fée Cynique qui co-dirigeaient l'ISS. Tout semblait bien aller.
Ils construisirent donc leur immense institut en brique rouge aux fenêtres blanches. Étrangement, le sommet du bâtiment demeurait toujours flou. Il se fondait avec le ciel en un dégradé subtil qui ne permettait pas de voir quelle était la fin et le début de sa partie supérieure. Les habitants de l'île s'en était rapidement aperçu et en avait discuté à voix basse. Ce n'était pas du brouillard, ni du smog (quoique ç'aurait pu l'être), mais plutôt comme si chacun qui regardait la bâtisse devenait soudainement et localement myope. Je crois que ce fut le premier élément qui attira les soupçons tant des habitants de l'ïle que de Terese.
Et puis, juste après l'ouverture officielle (qui n'eut jamais vraiment lieu), Terese et moi décidèrent de venir faire une visite (car on ne l'avait pas vraiment invitée...). Nous entrâmes par la porte principale. À la gauche un soutien-gorge noir de grand format orné de dentelle jonchait le sol et une serpillère était accoté sur le buste d'un compositeur célèbre. Il y avait aussi une boîte de chocolat de mauvaise qualité qui béait et une souris, dont la cage était ouverte, qui faisait des aller-retour entre sa cage et la boîte. Elle prenait des bonbons qu'elle déballait pour en faire une installation dans sa cage. Ensuite, elle lissait l'enveloppe des bonbons et les repliait pour en faire un petit tas bien rangé. Outre cette souris au comportement étrange, il y avait aussi une araignée en plastique, un fer à friser et une flûte de fête.
C'est à moment que Fée Cynique survola les escaliers du hall, s'approcha de Terese et fit 12 tours rapides en volant autour d'elle, jusqu'à franchement lui donner mal au coeur. Elle se posa ensuite et en atterrissant elle cassa son talon et dit: oh shit en souriant et faisant un geste de désinvolture.
Elle donna un coup de baguette magique, laquelle se transforma pendant quelques secondes en un balai de mauvaise qualité. La peinture du manche écaillait et ses poils étaient émoussés et étonnés. Le soutien-gorge, la souris et sa cage, l'araignée de plastique, la flûte de fête et le fer à friser allèrent valser dans un fracas terrible dans un des coins du hall d'entrée. Elle me souriait, un peu pour m'hypnotiser et pour me rassurer sur la situation, mais aussi pour m'avertir de quelque chose.
On entendait à l'arrière Baba qui hurlait et ensuite les enfants se mettaient à chanter comme des anges de métal. Puis. elle hurlait encore plus fort et on entendait un pupitre exploser en mille miettes et fracas.
La fée cynique souriait en regardant à gauche, puis à droite fixant à tour de rôle l'araignée et la souris. Elle semblait gênée. Et exaspérée.`"Bienvenue à l'ISS!" dit-elle d.un sourire entendu.
Terese et moi même nous regardâmes et comprîmes que quelque chose n'allait pas. C'était angoissant.
_________
Un jour Baba est venue nous visiter dans nos bureaux. Elle est entrée en fracas, pendant que Terese et moi prenions le thé en parlant d'avenir. Elle s'est mise à hurler en battant les mains du ciel. Ses mots étaient incompréhensibles, en fait c'était des cris informes. Elle était manifestement furieuse, mais on ne pouvait savoir pourquoi! Puis les grondements devinrent encore plus forts et elle se mit à vomir debout et sans fléchir. Elle vomissait comme un geyser de colère. Elle ne vomissait pas parce qu'elle était malade, mais pour nous emmerder et nous terrifier. Une fois le vomi tari. Elle a tourné les talons. Nous étions terrifiés. Qu'avions-nous fait? Accepter des fous pareils dans notre île.
_______
Puis, avec Satan, j'ai rencontré la fée. Mais c'était une mauvaise idée. Satan n'avait pas apporté son veston-seulement un wife beater- et il se mit à rugir en disant le fond de sa pensée et de son émotion à la fée. Elle abondait dans son sens et Satan s'échauffait devenant furieux et hors de contrôle. Moi, je voyais les informations qui filtraient et je voyais tout le pouvoir que nous perdions. Satan après les entrevues devenait incontrôlable.
______
C'était un désastre.
Mais maintenant, l'ISS était notre principale source de revenu. On ne pouvait s'en passer. Désespoir.
______
Il y eut des moments difficiles. Je devais être employé pour être le concierge de leur bâtisse. Ça me rendait si triste et déprimé. J'ai démissionné: ça n'en valait pas la peine. Je fus au chômage pendant un temps.
______
Puis, un jour, je vins leur porter un chèque. La fée était ravie et Baba soulagée. 2500$.
Et puis tout le monde se calma. Où avais-je trouvé l'argent? Dans un coffre. Le chèque était déjà écrit depuis fort longtemps. Mais ce n'était pas mon argent. Il semblait provenir de moi, mais je savais qu'il n'était absolument pas de moi. Pendant ce temps, on publia un article sur mon travail ¸l'étranger et la fée le trouva. On commença à me respecter. Et je me fis de plus en plus absent et même parfois transparent.
______
Mais.
______
Mais, j'ai envie un jour de vomir la même quantité de vomi qu'ils sont venus vomir dans mon château. Et j'hurlerai aussi fort. Mais ensuite, je leur dirai comment ils sont méchants ou atroces, je leur expliquerai si clairement que leurs tympans vont exploser, que leur cervelle va s'écouler. Ou pire, je resterai de glace et en 2 paroles et une action, je les entraînerai à une perte dont ils ne se relèveront pas même après 1000 ans d'efforts constants. C'est de la vapeur dans mon ventre avec de la radioactivité. Tant de haine pour m'avoir trompé, avoir essayé de me maltraiter.
_____
Mais ce n'est pas trop grave. Parce que ça ne durera que très peu. Ce sera beaucoup mieux après. Jabba et sa fée sciée disparaîtront pour toujours et à jamais dans une poussières d'anges partis en hélicoptère. Je leur souhait à eux aussi la liberté d'un chant sans entraves.
L'ISS avait décidé d'établir ses nouveaux bureaux sur l'île. Après la difficile année qu'avait connu l'île, ce changement était bienvenu et Terese était soulagée de recevoir les énormes capitaux mensuels qu'ils versaient en taxes et en impôts, capitaux qu'ils versaient avec grâce et désinvolture.
Elle avait rencontré avant qu'ils ne s'installent l'Ogresse Baba et la Fée Cynique qui co-dirigeaient l'ISS. Tout semblait bien aller.
Ils construisirent donc leur immense institut en brique rouge aux fenêtres blanches. Étrangement, le sommet du bâtiment demeurait toujours flou. Il se fondait avec le ciel en un dégradé subtil qui ne permettait pas de voir quelle était la fin et le début de sa partie supérieure. Les habitants de l'île s'en était rapidement aperçu et en avait discuté à voix basse. Ce n'était pas du brouillard, ni du smog (quoique ç'aurait pu l'être), mais plutôt comme si chacun qui regardait la bâtisse devenait soudainement et localement myope. Je crois que ce fut le premier élément qui attira les soupçons tant des habitants de l'ïle que de Terese.
Et puis, juste après l'ouverture officielle (qui n'eut jamais vraiment lieu), Terese et moi décidèrent de venir faire une visite (car on ne l'avait pas vraiment invitée...). Nous entrâmes par la porte principale. À la gauche un soutien-gorge noir de grand format orné de dentelle jonchait le sol et une serpillère était accoté sur le buste d'un compositeur célèbre. Il y avait aussi une boîte de chocolat de mauvaise qualité qui béait et une souris, dont la cage était ouverte, qui faisait des aller-retour entre sa cage et la boîte. Elle prenait des bonbons qu'elle déballait pour en faire une installation dans sa cage. Ensuite, elle lissait l'enveloppe des bonbons et les repliait pour en faire un petit tas bien rangé. Outre cette souris au comportement étrange, il y avait aussi une araignée en plastique, un fer à friser et une flûte de fête.
C'est à moment que Fée Cynique survola les escaliers du hall, s'approcha de Terese et fit 12 tours rapides en volant autour d'elle, jusqu'à franchement lui donner mal au coeur. Elle se posa ensuite et en atterrissant elle cassa son talon et dit: oh shit en souriant et faisant un geste de désinvolture.
Elle donna un coup de baguette magique, laquelle se transforma pendant quelques secondes en un balai de mauvaise qualité. La peinture du manche écaillait et ses poils étaient émoussés et étonnés. Le soutien-gorge, la souris et sa cage, l'araignée de plastique, la flûte de fête et le fer à friser allèrent valser dans un fracas terrible dans un des coins du hall d'entrée. Elle me souriait, un peu pour m'hypnotiser et pour me rassurer sur la situation, mais aussi pour m'avertir de quelque chose.
On entendait à l'arrière Baba qui hurlait et ensuite les enfants se mettaient à chanter comme des anges de métal. Puis. elle hurlait encore plus fort et on entendait un pupitre exploser en mille miettes et fracas.
La fée cynique souriait en regardant à gauche, puis à droite fixant à tour de rôle l'araignée et la souris. Elle semblait gênée. Et exaspérée.`"Bienvenue à l'ISS!" dit-elle d.un sourire entendu.
Terese et moi même nous regardâmes et comprîmes que quelque chose n'allait pas. C'était angoissant.
_________
Un jour Baba est venue nous visiter dans nos bureaux. Elle est entrée en fracas, pendant que Terese et moi prenions le thé en parlant d'avenir. Elle s'est mise à hurler en battant les mains du ciel. Ses mots étaient incompréhensibles, en fait c'était des cris informes. Elle était manifestement furieuse, mais on ne pouvait savoir pourquoi! Puis les grondements devinrent encore plus forts et elle se mit à vomir debout et sans fléchir. Elle vomissait comme un geyser de colère. Elle ne vomissait pas parce qu'elle était malade, mais pour nous emmerder et nous terrifier. Une fois le vomi tari. Elle a tourné les talons. Nous étions terrifiés. Qu'avions-nous fait? Accepter des fous pareils dans notre île.
_______
Puis, avec Satan, j'ai rencontré la fée. Mais c'était une mauvaise idée. Satan n'avait pas apporté son veston-seulement un wife beater- et il se mit à rugir en disant le fond de sa pensée et de son émotion à la fée. Elle abondait dans son sens et Satan s'échauffait devenant furieux et hors de contrôle. Moi, je voyais les informations qui filtraient et je voyais tout le pouvoir que nous perdions. Satan après les entrevues devenait incontrôlable.
______
C'était un désastre.
Mais maintenant, l'ISS était notre principale source de revenu. On ne pouvait s'en passer. Désespoir.
______
Il y eut des moments difficiles. Je devais être employé pour être le concierge de leur bâtisse. Ça me rendait si triste et déprimé. J'ai démissionné: ça n'en valait pas la peine. Je fus au chômage pendant un temps.
______
Puis, un jour, je vins leur porter un chèque. La fée était ravie et Baba soulagée. 2500$.
Et puis tout le monde se calma. Où avais-je trouvé l'argent? Dans un coffre. Le chèque était déjà écrit depuis fort longtemps. Mais ce n'était pas mon argent. Il semblait provenir de moi, mais je savais qu'il n'était absolument pas de moi. Pendant ce temps, on publia un article sur mon travail ¸l'étranger et la fée le trouva. On commença à me respecter. Et je me fis de plus en plus absent et même parfois transparent.
______
Mais.
______
Mais, j'ai envie un jour de vomir la même quantité de vomi qu'ils sont venus vomir dans mon château. Et j'hurlerai aussi fort. Mais ensuite, je leur dirai comment ils sont méchants ou atroces, je leur expliquerai si clairement que leurs tympans vont exploser, que leur cervelle va s'écouler. Ou pire, je resterai de glace et en 2 paroles et une action, je les entraînerai à une perte dont ils ne se relèveront pas même après 1000 ans d'efforts constants. C'est de la vapeur dans mon ventre avec de la radioactivité. Tant de haine pour m'avoir trompé, avoir essayé de me maltraiter.
_____
Mais ce n'est pas trop grave. Parce que ça ne durera que très peu. Ce sera beaucoup mieux après. Jabba et sa fée sciée disparaîtront pour toujours et à jamais dans une poussières d'anges partis en hélicoptère. Je leur souhait à eux aussi la liberté d'un chant sans entraves.
mercredi 7 mars 2012
Muhammad et la Reine se mettent, aussi, en quelque sorte, en ménage.
Muhammad avait commencé à trembler quelques mois passés. Son coeur s'était tout d'un coup rempli de crainte et d'inquiétude. Qui était-il? Valait-il assez? Est-il capable? Sera-t-il en mesure d'y arriver? Muni de sa canne et de son chien, il avançait tout de même, mais on le voyait malheureux et finalement, sa démarche devenait hésitante, car déjà handicapé, il doutait de ses perceptions. Ça n'allait pas.
Depuis que la boulangère s'était mise en ménage, la Reine ne chantait plus aussi fréquemment. Elle avait donc plus de temps. Elle était généralement joyeuse dans cette époque de sa vie, et elle ne savait pas trop pourquoi. Sans doute avait-elle lâchée prise sur des envies et des désirs, haussant les épaules aux besoins d'antan, se délestant de la frustration et de la misère de vide inassouvi.
Plusieurs fois par semaine, elle se réunissait avec Muhammad. Elle aimait la compagnie de cet homme posé, avec qui elle pouvait débattre, argumenter, rire. Elle voyait bien qu'il n'allait pas, qu'il se posait des questions inutiles, qui plutôt que de le faire progresser, comme il le croyait, le paralysait, le rendait hésitant.
Ils étaient ensemble et Muhammad parlait de ses doutes, de ses questionnements. La Reine à un certain moment se mit à glousser et changea de siège. Muhammad se tut. Puis, elle passa en arrière de lui et le pinça, toujours en riant.
M: Mais Paula (c'était le nom de la Reine, personne ne le savait à part lui), que faites-vous?
R: Je déconne.
M: Vraiment? Vous...? Une femme si sérieuse?
R: Allez, on va faire une promenade!
M: Où?
R: aucune importance, on bouge!
Ils se mirent à marcher, puis prirent la voiturette de golf royale et ce fut un moment très gai.
R: Muhammad, vous savez quoi? Nous devrions habiter ensemble.
M: Vous croyez?
R: Oui. Pour l'instant, on ne couche pas ensemble, mais dès le matin, on se lève et on se parle. Comme ça, il n'y a pas ces espaces vides où l'on pense pour rien.
M: Vous croyez?
R: Oui, je le crois, de toute manière, dit-elle en souriant, je ne vous laisse pas le choix!
M: Vraiment? en fait, c'est sûrement mieux ainsi!
Depuis que la boulangère s'était mise en ménage, la Reine ne chantait plus aussi fréquemment. Elle avait donc plus de temps. Elle était généralement joyeuse dans cette époque de sa vie, et elle ne savait pas trop pourquoi. Sans doute avait-elle lâchée prise sur des envies et des désirs, haussant les épaules aux besoins d'antan, se délestant de la frustration et de la misère de vide inassouvi.
Plusieurs fois par semaine, elle se réunissait avec Muhammad. Elle aimait la compagnie de cet homme posé, avec qui elle pouvait débattre, argumenter, rire. Elle voyait bien qu'il n'allait pas, qu'il se posait des questions inutiles, qui plutôt que de le faire progresser, comme il le croyait, le paralysait, le rendait hésitant.
Ils étaient ensemble et Muhammad parlait de ses doutes, de ses questionnements. La Reine à un certain moment se mit à glousser et changea de siège. Muhammad se tut. Puis, elle passa en arrière de lui et le pinça, toujours en riant.
M: Mais Paula (c'était le nom de la Reine, personne ne le savait à part lui), que faites-vous?
R: Je déconne.
M: Vraiment? Vous...? Une femme si sérieuse?
R: Allez, on va faire une promenade!
M: Où?
R: aucune importance, on bouge!
Ils se mirent à marcher, puis prirent la voiturette de golf royale et ce fut un moment très gai.
R: Muhammad, vous savez quoi? Nous devrions habiter ensemble.
M: Vous croyez?
R: Oui. Pour l'instant, on ne couche pas ensemble, mais dès le matin, on se lève et on se parle. Comme ça, il n'y a pas ces espaces vides où l'on pense pour rien.
M: Vous croyez?
R: Oui, je le crois, de toute manière, dit-elle en souriant, je ne vous laisse pas le choix!
M: Vraiment? en fait, c'est sûrement mieux ainsi!
Le sentier
Évidemment,
Comme tout bon magicien, il disparut aussitôt.
Juste avant de disparaître, il prit une mine contrite et dit, le téléphone sur l'oreille: je me suis trompé de numéro. Et pouf! Disparu! Seulement, un nuage de poussière d'or et une lettre pliée en 4.
Je fus tenté de lire la lettre, mais je l'ignorai. De toute manière, la pauvre chèvre se précipita sur la lettre pensant que c'était de la nourriture qui lui était destinée et commença à la mâcher toujours accompagné de ce regard vide que diffusait ses yeux. Je haussai les épaules en me disant que les histoires des autres pouvaient bien rester dans leur crâne et ne pas confluer avec la mienne.
Je regardai le chemin devant moi ne sachant pas quelle direction prendre. Vers la droite, un chemin de montagne qui semblait fort joli, mais rocailleux et, surement, plus tard, escarpé. (pour quoi??? arriver à la fin du chemin, un magnifique paysage, être seul et m'emmerder?) vers la gauche, une pente douce, accueillante qui mène vers une ville (pour arriver dans un endroit que je ne connais pas bondé de gens???)
Ou encore devant moi, sur cette page que j'écris?
Peut-être, pourrais-je simplement rester ici un temps et écrire des poèmes pour les passants?
Je soupirai tout en regardant la chèvre mâcher la lettre du magicien.
Comme tout bon magicien, il disparut aussitôt.
Juste avant de disparaître, il prit une mine contrite et dit, le téléphone sur l'oreille: je me suis trompé de numéro. Et pouf! Disparu! Seulement, un nuage de poussière d'or et une lettre pliée en 4.
Je fus tenté de lire la lettre, mais je l'ignorai. De toute manière, la pauvre chèvre se précipita sur la lettre pensant que c'était de la nourriture qui lui était destinée et commença à la mâcher toujours accompagné de ce regard vide que diffusait ses yeux. Je haussai les épaules en me disant que les histoires des autres pouvaient bien rester dans leur crâne et ne pas confluer avec la mienne.
Je regardai le chemin devant moi ne sachant pas quelle direction prendre. Vers la droite, un chemin de montagne qui semblait fort joli, mais rocailleux et, surement, plus tard, escarpé. (pour quoi??? arriver à la fin du chemin, un magnifique paysage, être seul et m'emmerder?) vers la gauche, une pente douce, accueillante qui mène vers une ville (pour arriver dans un endroit que je ne connais pas bondé de gens???)
Ou encore devant moi, sur cette page que j'écris?
Peut-être, pourrais-je simplement rester ici un temps et écrire des poèmes pour les passants?
Je soupirai tout en regardant la chèvre mâcher la lettre du magicien.
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