jeudi 17 juillet 2014

Des maisons pour tout le monde

La pythie :
A une cabane en bois rond en face de son puits.  Elle a un lit avec des coussins aux tissus moirés : rouge, or, pourpre, jaune et vert sombre. Il y a des pendentifs, des breloques et de l’encens.  C’est exigu, c’est comme ça qu’elle aime ça.

Fred de Paris :
Il a un appart super classe à Paris, pas cher, plein de lumière où il fait la fête avec ses amis !
C’est chouette ! Il s’éveille le matin en forme avec l’envie de faire plein de trucs.
Il va au gym et regarde les garçons. Il mange au restaurant le midi et se la pète ! Ouais !

Roger :

A une maisonnette plus grande avec un terrain et des fleurs. Son copain, Marc, un gars plus jeune a décidé de venir vivre avec lui. Wouah ! Ça fait toute une différence. Roger est plus joyeux assez calme et des fois sage. Marc aime se faire prendre par derrière et jouit sans se toucher. C’est une maison de pierre et de ciment de style anglais.  Le jardin est ceint par une clôture de bois et il y a aussi une chèvre qui s’appelle Martine. Quand il fait soleil, elle parle ; quand il fait gris, elle siffle et la nuit elle dort.

Fred le moins déprimé

n’a toujours pas de logement. Il pense peut-être partir avec sa copine en road trip. Il va prendre une décapotable et il suit en ce moment des cours de chinois.

jeudi 19 juin 2014

Les nouvelles




Roger le grumpy rumine dans son coin sur le sort du monde. Sur les chars qui ne mettent pas leurs clignotants, sur la culture qui va au yable, sur les gays qui ne s’engagent pas, sur les élèves poches, sur les boss relax, sur l’hiver trop frette, sur sa situation. Il déteste le monde, la vie et les autres. Il a souvent mal à la tête, des hémorroïdes. Il est dans son coin de l’île et n’aime personne. Un matin il s’est levé et a décidé d’aller courir et de se mettre en forme. Dans la nuit un autre est venu et il l’a embrassé. Il s’est laissé aller. Il s’est laissé faire. Ils se sont déshabillés et ils ont dormi nu ensemble. C’est le lendemain qu’il est allé courir. Il s’est dit qu’il le ferait souvent et sérieusement. Peut-être même deviendrait-il entraîneur.

Fred !

Fred il est gay ! Oui ! Il adore ça. Il a un copain vraiment gentil qui le laisse bien libre de draguer. Il aime la fête, le champagne, les copines. Il vit à Paris et aussi sur l’île. Il voyage et aime la vie. Il déteste beaucoup de choses et avec bonheur. « Ah ! ce qu’il est con ! C’est drôle être con comme ça » « Quelle salope celle-là ! Une conne sans culture ! ».  Il est très ami avec XXXX, la Pythie de l’île. Ils mangent des gâteaux à la crème et se racontent leurs histoires de cul, parlent de politique, chantent de la musique de cabaret et se costument.

Fred L

Fred le déprimé. Il veut tout le temps mourir ou du moins souvent. Son histoire est triste. Il vient d’ailleurs. Sa mère s’est suicidée, sa copine est devenue lesbienne, il est séropositif parce que suite à sa rupture il a voulu essayer les hommes et il ne s’est pas protégé. Première fois avec un mec et BANG ! Ensuite, il a perdu son emploi parce qu’ils ont découvert qu’il prenait la trithérapie. Puis il a décidé de prendre l’avion pour aller se changer les idées dans le sud et son avion a explosé en vol. Il tombait, il tombait et finalement une cigogne passa qui le recueillit sur son dos et l’amena sur l’île. Une île dévastée par un typhon. Avec des gens malheureux pour la plupart. Il a passé plusieurs mois prostré envisageant de mourir sans jamais faire de plan.

Une nuit, un ange passa. Il déshabilla Fred le déprimé et lui fit l’amour tendrement. Par derrière, il le pénétra. Fred jouit. Plusieurs fois sans même se toucher. Le sperme coula abondant de son sexe dur, son prépuce dégoulinant de semence. La vie circula en lui et le lendemain il alla chercher quelqu’un, une fille, une amie pour pleurer et s’épancher. Une amie à qui il pourrait dire sa peine.





Le Coach.

Coach Bob me dit que je suis trop fatigué pour m’entraîner. Il faut me remettre en forme physiquement.

Le trou

Je ne passe plus de temps dans le trou. Je suis trop occupé à construire des trucs à l’extérieur.

Pégase

Pégase court. Il est nerveux. Pendant longtemps, on l’a mis dans un wagon seul. Pas de possibilité de regarder à l’extérieur. Avec de la nourriture, tout de même. Il se laisse approcher difficilement. Seul l’homme au glaive réussit à l’approcher et à ce moment, Pégase se détend et se frotte. L’homme au glaive parle peu et lui dit des mots gentils qui le calme. Il lui dit que tout va bien, qu’il est beau, qu’il aime être avec lui. Il lui frotte les oreilles, le museau et la croupe et Pégase expire violemment par ses naseaux. Si un jour Pégase est monté, ce sera par l’homme au Glaive.

Fred L… J

Fred a trouvé une amie. Il lui a dit toute sa vie. Il a reçu aussi une lettre. De sa vie d’avant, du ministère de la santé. Il y a eu une erreur : il n’est pas séropositif. Les tests avaient été faits par un médecin très malheureux, lui-même séropositif. Il avait voulu partager son malheur avec d’autres. Tant de souffrance et d’inquiétude en vain.

Fred de Paris.


Il a trop fêté. Il a la gueule de bois et peine à travailler. De la mesure dans l’excès.

samedi 31 mai 2014

Le Procès :

Mme La Juge d’instruction France Charbonneau.
Mme Pinsonneault, dite dans le milieu criminel « La critique ».

L’avocat de XBM : maître  Martin Fréchette

Av. : Mme Pinsonneault, diriez-vous que vous êtes une personne critique ?
Mme P. : Très (elle roule ses rrrrr).

Av. : auriez-vous le rôle de critique de la personne de XBM depuis le typhon qui dévasta l’île ?
Mme P. : Oui, avant aussi d’ailleurs mais j’étais plus silencieuse.

Av. : Pourriez-vous nous clarifier vos intentions ? Que cherchez-vous à faire ?
Mme P. : Je vise à le corriger à le rendre meilleur, alors, il sera plus heureux.

Av. : Mon client maintient que vous le rendez profondément malheureux par vos critiques. Rendant sa vie plutôt difficile et l’éloignant du bonheur que vous lui promettez
Mme P. :  (elle semble étonnée et doute tout d’un coup d’elle-même). C’est vrai ? mmmm. Parfois, je l’ai aidé lui indiquant comment régler un problème ou changer d’attitude.

Av. Vous évaluez votre taux de réussite à combien de fois sur 10 ?
Mme P. : 1 fois sur 10, des fois 2.

Av. : Considérez-vous que 10 ou 20% est un bon taux de réussite ?
Mme P. : Non pour moi, 8 sur 10, c’est bon.
(Elle se renfrogne, visiblement confuse)

Av. : Merci. Autre question. Quel est votre emploi ?
Mme P. : Je suis Secrétaire administrative pour une compagnie de construction.

Av . : Avez-vous des compétences spécifiques en musique ?
Mme P. : Je suis une grande mélomane. Je connais les plus grandes œuvres.

Av. : Je reprends ma question : possédez-vous des compétences spécifiques en musique tel que jouer d’un instrument, chanter, lire le solfège, harmoniser, arranger.
Mme P. : Absolument pas ! Je chante mal. Mais je m’y connais en musique !

Mme P. : Ah oui…comment pouvez-vous dire cela. Bien j’en écoute toute la journée à travers XBM !
Av. : Diriez-vous que vous êtes meilleure que lui ?
Mme P: Des fois, je le crois ! (Elle rit)
Av. : EXCUSEZ-MOI ! Vous êtes une secrétaire administrative sans aucune connaissance véritable en musique et vous vous considérez meilleure que lui ? Ça me semble être une grossière erreur et une preuve de manque total de jugement. Vous savez que votre emploi ne demande que très peu de connaissances.

Mme P. : Elle baisse la tête.

Av. : J’ai des questions pour vous. Aimez-vous votre travail ?
Mme P. : oui, je le fais bien. C’est plutôt répétitif. Mon patron n’est pas quelqu’un de plutôt inspirant.
Av. : Que faites-vous dans vos loisirs ?
Mme P. : Je regarde la télé, souvent, je m’ennuie.
Av. : Votre vie est-elle un peu morne ?
Mme P. : Oui, je l’avoue ! (Elle pleure soudainement). J’ai un chat et je suis seule. C’est terrible.
(L’audience est consternée)
Av. : Pourquoi vous intéressez-vous à XBM ?
Mme P. : Je le trouve très intéressant. Je crois en lui. Mais il n’est pas à la hauteur de mes attentes. J’aimerais qu’il soit mieux.
Av. : Mieux comment ?
Mme P. : Plus accompli, plus heureux, plus simple, plus joyeux !
Av. : Et c’est en le critiquant que vous comptez l’aider ?
Mme P. : C’est pour lui montrer la voie du bonheur !
Av. : Vous pensez donc qu’en lui montrant le malheur actuel que vous êtes en mesure de le diriger vers le bonheur ?
Mme P. : Elle baisse la tête. Je vois que ce n’est pas très efficace. Mais je ne sais pas quoi faire d’autres.
Av. : Et si vous ne faisiez rien ?
Mme P. : ce serait pire.
Av. : Vraiment ? Comment pensez-vous que vous pourriez l’aider autrement ?
Mme P. : Je pourrais mettre des sous de côté pour lui. Je n’ai pas d’héritier !
Av. : Comment voudriez-vous qu’il le dépense ?
Mme P. : Il devrait s’acheter une bouteille de Whisky et faire des drinks pour ses amis !
Av. : Vous savez que vous êtes en ce moment en procès pour harcèlement psychologique continu et aggravé ayant des conséquences sur la vie psychologique, affective et matérielle de XBM, n’est-ce pas ? Vous pourriez être condamnée à la déportation à perpétuité (soulagement), la réhabilitation (déprime), l’exil avec examen des cas à terme.
Mme P. : Non, je ne le savais pas. Je me rends compte avoir infligé une grande souffrance psychologique à XBM. Je suis triste, car mes intentions étaient nobles. Je me rends compte aussi que je l’ai critiqué pour des motifs personnels. J’aurais aimé obtenir de la fierté des ses accomplissements, mais c’était surtout pour moi-même, car je m’ennuie et je suis seule.

Av. : Merci, ce sera tout pour aujourd’hui.
La juge : je vais procéder à l’analyse des témoignages et verrai à convoquer les témoins si besoin est.



Madame la juge Charbonneau :

Chère Mme Pinsonneault, vu l’état de restructuration de notre île et vu les dommages et préjudices que vous avez infligés à la victime, je n’ai d’autres choix que de vous condamner à l’exil définitif de notre île. Vous devrez la quitter aujourd’hui même. Vos effets ont été ramassés et on vous a offert un billet d’avion vers une destination soleil ainsi qu’une rente à vie. Vous n’aurez plus le droit de revenir, ni de communiquer avec nous par quelque moyen que ce soit.

Cette décision prend effet immédiatement.

Ma sentence à l’exil prend effet maintenant.


Surprise, Mme P regarde à droite et à gauche et se fait prendre sous les bras par deux gardiens qui l’amènent dans un fourgon vers l’aéroport. Le fourgon traverse la piste, elle en sort, entre dans l’avion. Elle salue l’île avec un sourire. Elle semble libérée d’une tâche qu’on lui avait donnée, sachant que maintenant elle vivra sous les tropiques. L’avion prend son élan et décolle dans l’azur infini laissant dans son sillage une trace blanche et une île plus détendue et joyeuse.

mardi 31 décembre 2013

Réparer

Les îliens sont vivants, mais certains sont malades et d'autres sont désemparés.

Il y a le penseur, assis sur un socle, qui maugrée. De quoi a-t-il besoin? D'une pilule de joie, de danser, de lire un livre qui coule comme une rivière et de regarder autour.

Il y a le peintre maçon qui détruit ce qu'il construit. Il a besoin d'un calmant, d'une tisane et d'un patron qui lui dit quoi faire dans des actions simples.

Nous allons mettre une poutre. La plus solide qui soit. Le courage. En acier trempé qui ne cédera à RIEN.

Puis une deuxième en demi-cercle, l'Amour. Donner, aux autres, à soi.

Une autre parallèle à la première. Le Courage encore. Le courage d'aimer.

Et puis, une qui ceint le tout. Le Respect. Le Respect de soi, des autres.

Ce sera une banque. Où les échanges auront lieu.

Puis les murs en brique, une brique sur l'autre. Chacun apporte sa brique. On construit un mur avec ce qu'on est.

Mais les briques se sont dressées d'elles-mêmes! Un cadeau de la vie! La banque est ouverte. On peut y entrer.

lundi 25 novembre 2013

Le typhon

Oui,
C'est désolant. Un typhon est passé sur l'île.
Il a tout rasé ou presque. Il reste un mur à la cathédrale, la chapelle est détruite.
Le bureau de Terese est resté intact, mais l'eau a abîmé beaucoup de choses.
Après le typhon passé, il y a eu les mouches, les crocodiles, les araignées, la chiasse, le vomi, les pleurs, l'amour, la mort et l'ennui.
Les îliens durent se serrer les coudes, déblayer les débris, construire des abris de fortune, trouver à manger. Certains sont devenus fous, d'autres se sont lancés dans le travail.
Maintenant, les gens dorment. Ils sont fatigués. Il ne fait pas véritablement mauvais.
Ils dorment. Se regénèrent.

Des germes de plante poussent du sol. Assez robustes. Pas vraiment lentement. Mais quand même vite.
On ne peut pas tirer sur une fleur pour qu'elle pousse.

Il faut se demander de quel engrais ont besoin ces plantes et le leur fournir.

dimanche 9 juin 2013

Le gros orage

Il pleut beaucoup, il vente et des fois des fantômes volent dans les airs.
Les îliens se sont regroupés et ils réparent les trous dans la toiture de la cathédrale, de la chapelle et épongent les dégâts dans le bureau de Terese.
C'est particulièrement déplaisant. Le moral n'est pas au plus haut, mais on travaille fort pour la suite des choses.
C'est un moment difficile à passer, mais tout passe et après la pluie, le beau temps!
Bientôt près de chez vous!

jeudi 25 avril 2013

Un char rouge

Je me suis décidé. J'ai acheté un char rouge.
J'étais tanné de marcher avec mon sac à dos, les jambes douloureuses, de me ramasser dans le milieu de l'océan à nager. J'ai acheté un char. Pour que ce soit plus confortable. Pour aller où je veux.Pour ne pas être pogné sous la pluie, au soleil brûlant, devant un ours.

Mon char rouge a aussi une place. Comme ça Shannon peut venir quand je m'ennuie. Il peut amener aussi son chien bizarre qui fume des cigares.

Le voyage sera plus agréable. Au yable la dépense. Je suis tanné de rusher.
Ce sera tout de même une voiture électrique, car polluer, c'est mal.